Sécurité frontalière : Les communautés de Boeny sensibilisées à la migration sûre
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM Madagascar), la Police nationale et l’Administration des Douanes lancent une campagne de sensibilisation dans la région de Boeny. Du 10 au 14 août 2026, cette initiative informe les communautés sur les risques liés à la migration irrégulière, la sécurité maritime et la surveillance des frontières.
Prévenir les départs à risque
La campagne se déroule sur cinq sites de la région. Les sessions sont animées en malgache par des agents de la Police nationale et de l’Administration des Douanes, avec l’appui de l’OIM. Une attention particulière est accordée aux femmes et aux jeunes. Les participants reçoivent des informations pratiques sur les comportements à adopter en cas d’incident en mer. Ils sont également informés sur les alternatives à la traversée maritime vers Mayotte, qui présentent de graves risques pour les migrants. La campagne vise aussi à aider les communautés à reconnaître les fausses promesses pouvant conduire à la traite des personnes.
Les activités se tiennent notamment au Centre pastoral, à la Maison des Jeunes d’Ambalavola, à Ambondrona et à la Maison de la Culture de Mangarivotra, à Mahajanga. Des sessions sont également prévues à Marovoay.
Cette action intervient alors que les communautés du littoral nord-ouest de Madagascar restent exposées aux risques de migration maritime irrégulière. Plusieurs personnes ont déjà perdu la vie en tentant de rejoindre Mayotte par la mer.
Un dispositif renforcé
La campagne s’inscrit dans le projet « Créer des frontières plus intelligentes », financé à hauteur de 3 millions de dollars par le Gouvernement du Japon. Mis en œuvre par l’OIM avec la Commission de l’Union africaine, le projet vise à renforcer la sécurité des frontières et la gouvernance migratoire. Plusieurs actions ont déjà été réalisées à Madagascar. Une brigade canine des Douanes a reçu des équipements. Des agents des frontières ont été formés et le système numérique de gestion des frontières MIDAS a été étendu au port de Mahajanga.
En juillet, un exercice de simulation maritime a aussi réuni 13 institutions nationales. Il avait pour objectif de tester leur capacité à répondre à une situation de migration maritime irrégulière.
Pour Roger Charles Evina, Chef de Mission de l’OIM pour Madagascar et les Comores, la campagne permet désormais de rapprocher ce travail des communautés. L’objectif est de leur donner les informations, les contacts et les connaissances nécessaires pour prévenir les départs à risque et réagir face aux incidents en mer. En effet, le projet « Créer des frontières plus intelligentes » est également mis en œuvre en Éthiopie, au Rwanda et en Côte d’Ivoire.




