Suspicion de corruption : 9 personnes poursuivies pour un détournement présumé de 833 millions d’ariary de tables-bancs
Une affaire liée à l’achat de tables-bancs pour les écoles « manara-penitra » revient devant la justice. Le 8 août 2026, le dossier a été transmis au Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo. Neuf personnes et trois sociétés sont mises en cause. L’affaire porte sur un marché conclu au ministère de l’Éducation nationale durant l’exercice 2020-2021.
Mille huit cent quarante-un tables-bancs manquantes
Selon le PAC, le marché concernait dix-huit mille trois cent quatre-vingts dix-neuf (18 399) tables-bancs, pour un montant de 8,327 milliards d’ariary. Des procès-verbaux de réception avaient été établis. Mais les vérifications menées pendant l’enquête ont confirmé la livraison de seulement seize-mille cinq cent cinquante-huit (16 558) tables-bancs. Il manquerait donc 1 841 tables-bancs, dont la valeur est estimée à 833 236 600 ariary.
L’enquête a aussi relevé plusieurs irrégularités dans la passation et l’exécution du marché. Le PAC évoque notamment un marché de gré à gré qui n’aurait pas respecté les règles des marchés publics. Plusieurs fonctions liées à l’achat et au paiement auraient aussi été confiées à une même personne. Ces tâches devaient pourtant être réparties entre plusieurs responsables.
Les enquêteurs auraient également constaté que plusieurs personnes mises en cause ont signé des procès-verbaux de réception jugés frauduleux. L’enquête mentionne aussi le recours présumé à des prête-noms pour la gestion de certaines entreprises.
Cinq personnes placées en détention provisoire
Au total, neuf personnes et trois entreprises sont concernées par la procédure. Cinq personnes ont comparu devant le juge d’instruction. Elles ont toutes été placées en détention provisoire à la prison d’Antanimora. Trois autres personnes seraient actuellement à l’étranger. Sachant que l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Sahondrarimalala Marie Michelle, est également citée dans cette affaire. Le PAC précise toutefois que, compte tenu de son statut, son éventuelle poursuite relève de la Cour suprême.
Les faits reprochés comprennent notamment le détournement de deniers publics, l’abus de fonction, l’octroi d’avantages particuliers et le blanchiment de capitaux. Le faux et usage de faux, la complicité ainsi que la prise illégale d’intérêts sont également cités.
L’enquête se poursuit. Elle doit permettre de déterminer les responsabilités de chacun et de faire toute la lumière sur cette affaire.




