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Nationale

Alerte El Niño 2026/2027 : Madagascar classé en situation de « très haute préoccupation » par l’OCHA

31/08/2026 12:05 © Moov.Mg

Plus de 90 % de chances que le phénomène El Niño atteigne une intensité « très forte » : l’OCHA place Madagascar au niveau de « très haute préoccupation » face aux risques de sécheresse, d’inondations et d’aggravation de l’insécurité alimentaire. L’organisation appelle à renforcer les actions anticipées avant le début de la prochaine saison agricole.

Un niveau d’alerte particulièrement élevé

Madagascar figure parmi les pays d’Afrique australe considérés comme étant en situation de « très haute préoccupation » (Very high concern) face aux conséquences attendues du prochain épisode El Niño. Dans son rapport d’alerte de préparation publié en août 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) classe la Grande Île aux côtés du Malawi et du Mozambique. Cette alerte intervient alors que les prévisions font état d’un épisode El Niño potentiellement exceptionnel. Selon les modèles de la NOAA et les perspectives climatiques du Forum climatique régional d’Afrique australe (SARCOF), les probabilités que le phénomène atteigne une intensité « très forte » dépassent désormais 90 %.

Les prévisions annoncent également un risque important de déficit pluviométrique durant la période d’octobre à décembre 2026. Selon l’OCHA, la probabilité que ce déficit dépasse ceux observés lors de précédents épisodes El Niño depuis 1950 est estimée à 70 %.

Une période de soudure plus précoce

Pour Madagascar, l’impact pourrait toutefois varier fortement selon les régions. Dans le Sud et le Centre, les précipitations pourraient être nettement inférieures aux normales et irrégulières, faisant craindre une nouvelle période de sécheresse. Le Nord pourrait, à l’inverse, connaître des précipitations supérieures aux normales, avec un risque accru de crues et d’inondations. Cette situation est particulièrement préoccupante puisque la période annoncée coïncide avec la saison agricole. D’octobre à avril, les agriculteurs doivent notamment préparer les terres, semer et assurer le développement des premières cultures.

Le risque est d’autant plus important que la situation alimentaire demeure déjà fragile. À la mi-2026, près de 2,6 millions de personnes à Madagascar étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë correspondant à la phase 3 ou plus de la classification IPC. Dans le Grand Sud, où les populations sont régulièrement exposées à la sécheresse et aux vents de sable, les stocks alimentaires des ménages diminuent déjà. L’OCHA prévoit une période de soudure plus précoce, avec une possible progression des situations de crise dès octobre 2026.

Agir avant le début des semis

Les conséquences pourraient également se faire sentir sur la nutrition des enfants. À l’échelle de l’Afrique australe, plus de 652 000 enfants de moins de cinq ans sont déjà touchés par la malnutrition aiguë. Une dégradation des conditions alimentaires pourrait donc accentuer les besoins humanitaires. La menace intervient, par ailleurs, dans un contexte où Madagascar doit encore faire face aux conséquences des récents cyclones, notamment Fytia et Gezani, qui ont affecté plus de 681 000 personnes entre décembre 2025 et avril 2026.

Face à ces risques, l’OCHA insiste sur l’importance de l’anticipation. L’objectif est d’intervenir avant que les effets d’El Niño ne se traduisent par une aggravation de la crise alimentaire. Le mois d’octobre constitue ainsi un moment déterminant. La distribution de semences résistantes au déficit hydrique, l’appui à l’élevage et les transferts monétaires destinés aux ménages vulnérables sont notamment identifiés comme des mesures à mettre en œuvre en amont.

Un financement encore insuffisant

Le plan d’action anticipée de Madagascar couvre la période d’août 2026 à mars 2027. Il prévoit notamment la distribution de semences à cycle court et tolérantes au stress hydrique, la protection du cheptel, la réhabilitation des points d’eau, ainsi que la mise en place de transferts monétaires pour les familles les plus vulnérables. La capacité à agir rapidement dépend toutefois des ressources disponibles. À l’échelle régionale, le plan d’action anticipée nécessite 111,3 millions de dollars pour venir en aide à 11,9 millions de personnes. Or, environ 80 % de cette somme reste à financer, selon l’OCHA.

Pour Madagascar, l’enjeu est donc de disposer des ressources nécessaires avant que la situation ne se détériore. L’organisation appelle à une mobilisation rapide des financements, notamment avant la fin du mois de septembre. Avec un épisode El Niño dont la probabilité d’atteindre une intensité « très forte » dépasse désormais 90 %, la période qui s’ouvre est donc déterminante pour réduire les conséquences sur les populations, les moyens de subsistance et la prochaine campagne agricole.

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