Dialogue politique : La SADC estime que son Bureau de liaison renforcera les efforts de paix à Madagascar
La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) veut renforcer son accompagnement politique à Madagascar. Réunis les 16 et 17 juillet à Salima, au Malawi, les ministres de l'Organe chargé de la politique, de la défense et de la sécurité ont soutenu la création d'un Bureau de liaison dans le pays, estimant que cette structure contribuera à renforcer les efforts de médiation, de réconciliation nationale et de consolidation de la paix.
Renforcer les actions de médiation
La mise en place d'un Bureau de liaison de la SADC à Madagascar constitue l'une des sujets abordés, concernant la Grande Île, lors de la 28e session du Comité ministériel de l'Organe (CMO) de la SADC. Selon l'organisation régionale, cette future représentation permettra de renforcer les actions de médiation, de réconciliation et de consolidation de la paix, grâce à une présence plus permanente sur le terrain. Les ministres ont, dans le même temps, appelé les acteurs politiques malgaches à privilégier le dialogue et les échanges pacifiques pour résoudre leurs différends. Ils considèrent que cette approche demeure essentielle pour prévenir de nouvelles crises et favoriser une gouvernance durable.
La SADC a également salué le travail de l'ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda, en sa qualité de présidente du Panel des sages. Son implication a été jugée déterminante dans la promotion du dialogue national et des initiatives de réconciliation à Madagascar.
Instaurer un cadre de gouvernance démocratique
Madagascar était représenté à cette réunion régionale par la ministre des Affaires étrangères, Alice N'Diaye. Lors de l'examen de la situation du pays, elle a présenté les avancées et les perspectives du Programme de la Refondation, qui repose notamment sur les concertations nationales conduites sous l'égide du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), la réforme institutionnelle et les prochaines échéances électorales.
La cheffe de la diplomatie malgache a également réaffirmé l'importance d'une coordination étroite entre la SADC, l'Union africaine et les Nations Unies, afin d'assurer un accompagnement cohérent du processus. Elle a toutefois insisté sur le rôle central de la SADC, conformément au principe de subsidiarité. Elle a, par ailleurs, souligné que la réussite de la Refondation repose avant tout sur le leadership des Malgaches, la participation de toutes les composantes de la société aux concertations nationales et l'appropriation du processus par les acteurs nationaux. Cette démarche vise à instaurer un cadre de gouvernance démocratique capable de prévenir les crises politiques récurrentes.
La paix et la sécurité au centre des priorités régionales
Au-delà du dossier malgache, les ministres ont examiné les principaux défis auxquels fait face l'Afrique australe. Le président en exercice du Comité ministériel, George Thapatula Chaponda, a appelé les États membres à renforcer leur solidarité face aux situations qui touchent notamment la République démocratique du Congo, le Mozambique et Madagascar. Le secrétaire exécutif de la SADC, Elias Magosi, a rappelé que si la région demeure globalement stable, elle doit désormais faire face à des menaces de plus en plus complexes. Il a cité les effets du changement climatique, l'insécurité alimentaire, les urgences sanitaires, le terrorisme, la cybercriminalité ainsi que la criminalité transnationale organisée.
À l'issue de la session, les ministres ont adopté plusieurs orientations destinées à renforcer les mécanismes régionaux de prévention des conflits. Ils ont notamment proposé de prolonger jusqu'en 2030 le plan stratégique consacré à la médiation, à la diplomatie préventive et à la prévention des conflits, tout en réaffirmant leur soutien aux missions d'observation électorale et aux initiatives en faveur de la bonne gouvernance et de l'État de droit. Ces décisions traduisent la volonté de la SADC d'accompagner durablement ses États membres, dont Madagascar, dans leurs efforts de consolidation de la paix.




