Retour à l’ordre constitutionnel : l’UA et l’ONU misent sur des solutions « Made in Madagascar »
Une mission conjointe de haut niveau de l’Union africaine (UA) et des Nations Unies (ONU) est à Madagascar depuis le 13 juillet et y restera jusqu’au 18 juillet 2026. Son objectif est d’accompagner le processus de Refondation en privilégiant une approche fondée sur le dialogue et l’appropriation nationale.
Accompagner les initiatives des acteurs malgaches
Madagascar accueille cette semaine une importante mission diplomatique réunissant l’Union africaine et les Nations Unies. Conduite par l’ambassadeur Mohamed Idriss Farah, Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar, et Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies auprès de l’Union africaine, la délégation est en mission dans la Grande Île jusqu’au 18 juillet. À leurs côtés figurent notamment Marcel Akpovo, Directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ainsi que plusieurs experts des deux organisations.
Cette visite s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre l’UA et l’ONU en faveur de la prévention des conflits, de la consolidation de la paix, de la gouvernance démocratique et des transitions politiques inclusives en Afrique. Au cœur de cette mission se trouve un principe que les deux organisations jugent essentiel : l’appropriation nationale. Autrement dit, ni l’Union africaine ni les Nations Unies n’entendent dicter la marche à suivre. Leur rôle consiste plutôt à accompagner les initiatives des acteurs malgaches.
Favoriser le dialogue inclusif
Pendant six jours, la délégation multipliera les échanges afin de recueillir les points de vue des différentes composantes de la société. L’objectif est de mieux comprendre les attentes, d’identifier les sources de méfiance, mais aussi les éléments susceptibles de renforcer la confiance entre les acteurs politiques et institutionnels. Ces consultations doivent également permettre d’examiner les conditions nécessaires à la mise en œuvre d’un processus politique plus inclusif et plus crédible, en soutien au plan d’action de la Refondation.
La mission ne se limitera pas aux rencontres avec les autorités publiques. Les représentants de l’UA et de l’ONU prévoient également d’échanger avec les institutions de la Refondation, les responsables politiques, les anciens chefs d’État, les organisations de la société civile, les représentants des femmes et des jeunes, notamment les mouvements citoyens, les responsables religieux, les opérateurs économiques ainsi que les partenaires internationaux. En réunissant un éventail aussi large d’interlocuteurs, les deux organisations souhaitent favoriser un dialogue capable de déboucher sur des solutions partagées et durables.
Construire un consensus durable
La mission a débuté officiellement lundi 13 juillet par une rencontre au ministère des Affaires étrangères à Anosy. À cette occasion, les représentants de l’Union africaine et des Nations Unies ont réaffirmé leur engagement à accompagner Madagascar dans le processus de Refondation, conformément aux orientations du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Par ailleurs, la délégation malgache, conduite par la ministre des Affaires étrangères, a salué le renforcement de ce partenariat, notamment à travers la mise en œuvre de la Facilité africaine de soutien aux transitions inclusives (AFSIT).
Selon le gouvernement, cet accompagnement devrait contribuer au renforcement des institutions, à la consolidation de l’État de droit et à la modernisation de l’administration, tout en respectant la souveraineté nationale et les priorités définies par Madagascar. Les autorités malgaches ont également réaffirmé leur volonté de poursuivre un dialogue étroit avec l’Union africaine, les Nations Unies et la SADC afin d’accompagner les réformes engagées et de mobiliser les appuis nécessaires. Pour les partenaires internationaux, la réussite du processus repose avant tout sur la capacité des acteurs malgaches à construire un consensus durable. C’est dans cette logique que la mission entend encourager le dialogue, renforcer la confiance entre les différentes parties et soutenir des solutions élaborées localement.




