Madagascar face aux crises mondiales : la France appelle à renforcer les réponses collectives
Les grandes crises internationales n’épargnent aucun pays, y compris Madagascar. À l’occasion de la célébration de la Fête nationale française, mardi 14 juillet à la Résidence de France à Ivandry, l’ambassadeur Arnaud Guillois a souligné l’impact direct des tensions mondiales sur la Grande Île et appelé à une coopération renforcée fondée sur le multilatéralisme, le respect du droit international et la solidarité entre États.
Le multilatéralisme comme réponse aux défis actuels
Dans son intervention, Arnaud Guillois a rappelé que Madagascar, à l’instar des autres pays africains, n’est pas à l’écart des bouleversements géopolitiques qui secouent le monde. Selon lui, les conflits internationaux produisent des effets concrets sur les populations malgaches, notamment à travers les marchés de l’énergie et des produits agricoles. La guerre au Moyen-Orient a ainsi contribué à la hausse des cours des produits pétroliers et agricoles, avec des répercussions sur le quotidien des ménages.
L’ambassadeur a également évoqué les conséquences persistantes de l’invasion de l’Ukraine par la Russie depuis 2022. Un conflit dont les effets dépassent largement les frontières européennes, avec notamment une pression sur les prix des matières premières et des perturbations dans les échanges internationaux. Face à ces crises multiples, la France et Madagascar défendent l’importance d’une coopération internationale fondée sur le dialogue et le respect des règles communes.
La sécurité maritime, au cœur des préoccupations régionales
Arnaud Guillois a cité le Sommet Africa Forward, organisé à Nairobi en mai dernier par le Kenya et la France, auquel a participé le président de la Refondation de Madagascar. Cette rencontre a abouti à l’adoption de la « Déclaration de Nairobi pour la paix et la sécurité en Afrique ». Ce document affirme notamment le rejet des ingérences extérieures, de la privatisation de la sécurité et du recours au mercenariat sur le continent africain.
Pour l’ambassadeur, ces positions rejoignent une vision partagée entre Madagascar, la France et plusieurs partenaires africains : celle d’un continent capable de contribuer activement à sa propre stabilité tout en s’appuyant sur des mécanismes de coopération régionale et internationale. Dans l’océan Indien, les enjeux géopolitiques se traduisent également par des défis sécuritaires concrets. Madagascar et la France partagent une attention particulière pour la stabilité de la région, notamment en matière de sécurité maritime et de lutte contre les crimes transnationaux organisés.
Le ministre malgache des Forces armées, le général de corps d’armée Maminirina Ely Razafitombo, a rappelé que les deux pays partagent une même volonté de préserver la sécurité de l’océan Indien et de promouvoir le respect du droit international. Cette coopération s’inscrit dans un contexte où l’augmentation des activités maritimes dans le canal du Mozambique renforce la nécessité d’une coordination entre les États riverains.
Les intérêts malgaches liés aux équilibres mondiaux
Au-delà des questions sécuritaires, l’ambassadeur de France a attiré l’attention sur les conséquences économiques et stratégiques des tensions internationales pour Madagascar. Il a notamment mentionné l’utilisation abusive du pavillon malgache par certains navires de la « flotte fantôme russe » transportant des hydrocarbures en dehors des règles maritimes internationales. Pour lui, cette situation rappelle que les enjeux géopolitiques peuvent également toucher directement l’image, les intérêts économiques et la souveraineté maritime d’un pays comme Madagascar.
À travers son discours, Arnaud Guillois a défendu l’idée d’un partenariat franco-malgache qui dépasse les seules relations bilatérales pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur les équilibres mondiaux. Dans un environnement international marqué par les conflits, les crises énergétiques, les défis climatiques et les menaces sécuritaires, la France et Madagascar affichent leur volonté de poursuivre une coopération basée sur la confiance, le dialogue et la recherche de solutions communes.
Une orientation également réaffirmée par le général Maminirina Ely Razafitombo, qui a insisté sur la nécessité de maintenir un partenariat fondé sur le respect mutuel et la solidarité face aux défis contemporains.




