Stabilisation économique : Madagascar obtient 68 millions de dollars supplémentaires de la BAD
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) renforce son soutien à Madagascar. L’institution financière panafricaine vient d’approuver un nouveau financement de 68 millions de dollars destiné à soutenir les réformes économiques, améliorer la gestion des finances publiques et renforcer la résilience du pays.
Ce nouvel appui intervient dans un contexte où les autorités misent sur la stabilité économique pour relancer les investissements et améliorer les conditions de vie de la population.
Accompagnement des efforts de réforme de Madagascar
Madagascar bénéficie d’un nouvel appui financier du Groupe de la Banque africaine de développement dans le cadre de la deuxième phase du Programme d’appui à la gestion financière et à la résilience économique (PAGFRE). Le Conseil d’administration de l’institution a validé un paquet financier de 68 millions de dollars afin d’accompagner les efforts de réforme engagés par l’État malgache. Ce financement comprend un prêt concessionnel de 27,2 millions de dollars accordé par le Fonds africain de développement ainsi qu’un prêt concessionnel de 40,8 millions de dollars provenant de la Facilité d’appui à la transition. Avec cette nouvelle enveloppe, le montant total mobilisé pour les deux phases du programme atteint désormais 136 millions de dollars. Pour la Banque africaine de développement, cet investissement représente l’un des plus importants soutiens budgétaires accordés à Madagascar ces dernières années.
Meilleure organisation des finances publiques
La première phase du programme a permis de mettre en œuvre plusieurs réformes présentées comme essentielles pour la modernisation de l’administration publique. Parmi les avancées figurent notamment la mise en place d’un système moderne d’administration fiscale opérationnel à travers tout le pays. Les autorités ont également adopté une stratégie nationale de lutte contre la corruption qui fixe un cadre de responsabilité jusqu’en 2030. Cette réforme vise à renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques et à améliorer la confiance des partenaires financiers internationaux.
Selon le Groupe de la Banque africaine de développement, ces changements commencent déjà à produire des effets pour les ménages et les entreprises malgaches grâce à une meilleure organisation des finances publiques et à un environnement économique plus structuré. La deuxième phase du PAGFRE doit maintenant approfondir ces acquis. Le programme prévoit notamment des réformes destinées à améliorer la compétitivité du secteur privé et à créer un climat plus favorable aux investissements.
Économie plus résiliente, inclusive et transparente
Une nouvelle loi sur les partenariats public-privé fait partie des mesures soutenues par ce financement. Le texte doit permettre d’offrir davantage de sécurité juridique aux investisseurs souhaitant intervenir dans les secteurs des infrastructures et des énergies renouvelables. Les autorités espèrent ainsi attirer des capitaux importants capables de soutenir la transformation économique du pays et la création d’emplois.
Le secteur énergétique occupe également une place importante dans ce programme. Le financement soutiendra la création d’un organe indépendant chargé de réguler le secteur de l’électricité ainsi qu’un Fonds national pour l’énergie durable. Des investissements sont aussi prévus pour développer l’électrification rurale et hors réseau, notamment dans les régions éloignées où vivent une grande partie des populations pauvres du pays. L’objectif est de faciliter l’accès à l’électricité afin de stimuler les activités économiques locales et d’améliorer les conditions de vie des habitants.
Pour Adam Amoumoun, représentant du Groupe de la Banque africaine de développement à Madagascar, le pays a démontré sa capacité à conduire des réformes malgré un contexte économique difficile. Il estime que ce programme doit contribuer à bâtir une économie « plus résiliente, inclusive et transparente ». Les autorités malgaches ambitionnent notamment d’augmenter les recettes fiscales du pays, qui devraient passer de 10,5 % à 12 % du produit intérieur brut d’ici à la fin de l’année 2026.




