Zéro douane, zéro quota : L’Union européenne s'impose comme le premier client de Madagascar
À la suite de la récente Semaine de l’Europe, Roland Kobia, ambassadeur de l’Union européenne à Madagascar, a apporté des éclaircissements essentiels sur la relation économique qui lie les deux régions. D’après les données confirmées par le diplomate, l’Europe s’affirme aujourd’hui comme le pilier central des échanges commerciaux de la Grande Île.
Accord de Partenariat Économique
Depuis plus de 14 ans, l’Union européenne (UE) et Madagascar cheminent ensemble grâce à l’Accord de Partenariat Économique (APE). Ce traité n’est pas un accord commercial ordinaire : il s'agit d'un partenariat asymétrique unique, volontairement structuré pour dynamiser et protéger l’économie malgache, comme le suggère l’explication de Roland Kobia.
Les chiffres officiels confirment cette position de leader : l’Union européenne est le tout premier client de Madagascar. Elle absorbe à elle seule 33 % des exportations malgaches, soit le double du pays arrivant en deuxième position. De plus, cette tendance est en croissance constante. Ce partenariat offre aux producteurs malgaches un accès direct à un marché gigantesque et stable de 450 millions de consommateurs solvables. Grâce à l’APE, les produits exportés depuis Madagascar entrent sur le territoire européen à un tarif de 0 % de droits de douane, et ce, sans aucune limitation de quantité (aucun quota). Exigeant sur la qualité, le marché européen valorise le savoir-faire malgache en payant les produits plus chers que d’autres clients internationaux, affirme l’ambassadeur.
Un accord qui protège la production locale
La force de ce statut de premier partenaire réside dans son asymétrie protectrice. Si Madagascar exporte librement vers l'Europe, l'inverse n'est pas automatique : les entreprises européennes doivent payer des droits de douane lorsqu'elles entrent à Madagascar. Notre pays conserve ainsi le droit de protéger ses secteurs dits « sensibles », comme l’agriculture et les industries émergentes, garantissant que l'économie locale se développe à son rythme et sans concurrence déloyale. L’engagement de l’UE ne s’arrête pas à l'achat de marchandises. Totalement compatible avec les règles de l’OMC, l’APE intègre un soutien actif au développement, au renforcement des compétences locales et à l'amélioration de la compétitivité.
En diversifiant les secteurs d'activité (agriculture, pêche, services, investissements), l'UE aide Madagascar à transformer ses produits sur place plutôt que d’exporter de simples matières premières brutes. Avec une balance commerciale positive en faveur de la Grande Île, l'Europe s'impose, non pas comme un exportateur qui inonde le marché, mais comme le partenaire durable de l'industrialisation malgache.




