Port de Toamasina : un nouveau quai pour s’inscrire sur la grande route maritime de l’océan Indien
Le gouvernement malgache et ses partenaires japonais ont procédé, le 21 mars 2026 à Toamasina, à la remise officielle de 333 mètres du quai C4 du port, une infrastructure stratégique destinée à accueillir de grands navires et à positionner Madagascar sur les grandes routes maritimes de l’océan Indien.
Renforcement de l’attractivité du port
Le port de Toamasina franchit une nouvelle étape dans son développement. Ce 21 mars 2026, une portion de 333 mètres du nouveau quai C4 a été officiellement remise, en présence de plusieurs autorités malgaches et partenaires internationaux, dont l’ambassadeur du Japon Hitoshi Tojima et le représentant résident de la JICA Kosuke Odawara. Cette infrastructure, dotée d’un tirant d’eau de 16 mètres, permet désormais l’accueil de navires de grande capacité, jusqu’à 14 000 EVP. Une évolution majeure pour un port qui cherche à s’aligner sur les standards internationaux et à capter une part plus importante du trafic maritime régional.
Au cœur de ce projet se trouve l’ambition d’inscrire Madagascar dans les grandes routes maritimes de l’océan Indien. Située à un carrefour stratégique entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe, la Grande Île entend tirer parti de cette position géographique pour renforcer sa connectivité. Le nouveau quai C4 constitue ainsi un maillon essentiel de cette stratégie. En facilitant l’escale de navires de plus grande taille, il permet d’améliorer les flux commerciaux et de réduire les coûts logistiques, tout en renforçant l’attractivité du port auprès des armateurs internationaux.
Réponse à la croissance des échanges internationaux
Selon la secrétaire Générale du Ministère des Transports et de la Météorologie, Dina Hariniry Rakotomalala, cette extension s’inscrit dans une politique globale de modernisation des infrastructures portuaires. Le port de Toamasina, premier du pays en volume de marchandises, voit ainsi ses capacités renforcées à la fois sur les quais et dans les zones de traitement des conteneurs. Le projet prévoit notamment la création de 10 hectares supplémentaires dédiés au stockage, l’extension des brise-lames et l’amélioration des accès logistiques. À terme, la capacité globale du port devrait plus que doubler, permettant de répondre à la croissance des échanges et aux exigences du commerce international.
La réalisation du quai C4 repose en grande partie sur un partenariat avec le Japon, à travers la JICA. L’accord de financement, conclu en 2018, couvre environ 65 % des besoins du projet, pour un montant estimé à 425 milliards de yens. Pour l’ambassadeur du Japon à Madagascar, Hitoshi Tojima, cette infrastructure s’inscrit dans une vision plus large de connectivité maritime fondée sur la liberté de navigation et le développement d’infrastructures de qualité. Elle contribue également à renforcer les liens économiques entre Madagascar et ses partenaires internationaux.
Hub logistique de référence dans l’océan Indien
Du côté des gestionnaires du port, l’objectif est assumé : faire de Toamasina un hub logistique de référence dans l’océan Indien. Heritiana Anicet Randriambahoaka, Directeur Général de la Société du port à gestion autonome de Toamasina (SPAT) appelle ainsi les grandes compagnies maritimes à intégrer cette nouvelle plateforme dans leurs itinéraires. Au-delà des performances techniques, les autorités mettent en avant la résilience des infrastructures, capables de résister aux aléas climatiques, notamment les cyclones. Un argument clé dans une région exposée aux risques naturels.
Malgré cette avancée, le projet n’est pas achevé. Les prochaines étapes concernent notamment le dragage des quais existants et l’extension complète du quai C4 jusqu’à 470 mètres. Lancé en 2009, le chantier a connu plusieurs défis, entre interruptions, contraintes techniques et perturbations liées à la pandémie de Covid-19. Toutefois, les autorités soulignent la progression continue des travaux et l’engagement des différents partenaires. À travers cette modernisation, Madagascar confirme sa volonté de s’inscrire durablement dans les grandes dynamiques du commerce maritime, avec Toamasina comme porte d’entrée stratégique vers l’océan Indien.




