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Culture

Rova d’Antananarivo : le litige autour du Colisée renvoyé au 18 février

05/02/2026 16:10 © Moov

Le contentieux lié à la construction du Colisée au sein du site d’Anatirova n’a pas encore trouvé d’issue judiciaire.

Saisi par plusieurs plaignants, le Tribunal de première instance d’Anosy a décidé de reporter l’examen de l’affaire, au cœur d’un débat sensible sur la protection du patrimoine historique malgache.

Une contestation

L’audience tenue hier au Tribunal de première instance d’Anosy n’a pas permis de trancher le sort du Colisée érigé à Anatirova. Quinze requérants, composés d’associations de défense du patrimoine, de descendants des anciennes familles royales et de citoyens engagés, demandent la suppression pure et simple de cette infrastructure. Pour les plaignants, cette construction constitue une atteinte directe à l’intégrité du palais royal de Manjakamiadana et à l’identité du Rova. Ils estiment que l’édifice, inspiré de l’architecture romaine, n’a pas sa place dans un site chargé d’histoire et de symboles liés à la monarchie malgache. Selon Hasina Niombonana Razafindrakoto, chef traditionnel d’Ambohidrabiby, la requête ne se limite pas à la démolition du Colisée. Les demandeurs réclament également le rétablissement de l’appellation « Rova d’Antananarivo » et le retrait de tout élément considéré comme étranger à l’histoire et à la mémoire du lieu.

Un dossier sensible

Lors de l’audience, la Direction du patrimoine culturel, chargée de la protection des sites historiques, s’est présentée aux côtés d’un représentant de l’État. Toutefois, aucun document attestant d’un dispositif spécifique de protection du site n’a été produit devant le tribunal, selon les échanges à l’audience. De son côté, le ministère de la Communication et de la Culture a défendu une approche prudente. Il estime que toute décision concernant l’avenir du site d’Anatirova doit faire l’objet d’une concertation nationale, en raison du statut emblématique du Rova, reconnu comme patrimoine national. Face à la complexité du dossier et aux enjeux mémoriels qu’il soulève, le juge a décidé de renvoyer l’affaire au 18 février. À cette date, le tribunal devrait se prononcer sur les demandes formulées par les plaignants. Ce contentieux s’inscrit dans un débat plus ancien opposant certaines communautés locales aux autorités publiques sur la gestion, l’aménagement et la préservation du Rova. Un débat qui dépasse le cadre judiciaire et interroge la place accordée au patrimoine historique dans les politiques culturelles nationales.

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