Crise des troubles mentaux à Madagascar : Un cri de détresse sous l'ombre de la pauvreté
La crise humanitaire qui sévit dans le sud de Madagascar a exacerbé la situation déjà précaire des personnes souffrant de troubles mentaux. Henrielle Emasignavy, de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), témoigne de cette réalité depuis Ambovombe, où l'hôpital régional de référence Androy accueille ceux en proie à des crises de santé mentale.
Des causes multiples et dévastatrices
Dans la région Androy, divers troubles mentaux, tels que les crises psychotiques, la schizophrénie et la dépression, sont de plus en plus fréquents, touchant notamment les jeunes, raconte Henrielle Emasignavy à UN infos. Les pressions de la vie quotidienne, exacerbées par les crises humanitaires, contribuent à l'anxiété généralisée et aux troubles mentaux. L'hôpital régional de référence Androy, est l'un des rares établissements de la région à offrir une prise en charge des troubles mentaux. Cependant, ses ressources sont limitées et son personnel est confronté à un afflux croissant de patients, mettant à rude épreuve sa capacité à répondre aux besoins de la population. En outre, les personnes confrontées à des troubles mentaux font fréquemment l'objet de stigmatisation, souvent étiquetés de manière négative en tant que « possédés » ou supposés être victimes de croyances superstitieuses telles que la sorcellerie.
Des soins essentiels, mais insuffisants
Malgré les efforts déployés par le personnel médical, l'accès au traitement reste un défi majeur pour les patients. L'hôpital spécialisé le plus proche se trouve à 600 kilomètres, rendant difficile l'accès aux soins pour de nombreuses personnes vulnérables. Pour pallier cette lacune, l'OMS a déployé une équipe médicale pour des consultations externes périodiques. Chaque consultation représente un espoir de soulagement pour les patients, même si le chemin vers la guérison est semé d'embûches. En dépit des défis, des histoires d'espoir émergent, comme celle d'Elodie, qui voit son état de santé mentale s'améliorer grâce à un traitement adapté. À l'âge de 20 ans, Elodie a traversé une psychose post-partum après la naissance de son enfant, suivi de la tragique perte de celui-ci six mois plus tard. Elle a consulté un neurologue qui lui a prescrit des médicaments. Selon sa mère, ces médicaments ont contribué à améliorer son état mental. Depuis cette consultation, Elodie prend davantage soin d'elle-même.
Face à cette crise, l'OMS lance un appel à la solidarité internationale pour renforcer les capacités de prise en charge des troubles mentaux à Madagascar. Il est urgent de mettre en place des solutions durables pour offrir un soutien continu à ceux qui en ont désespérément besoin, rappelant ainsi l'importance de la santé mentale dans le bien-être de la société.



