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Vaccination: un levier stratégique pour le développement encore sous-exploité à Madagascar

18/04/2026 17:22 © Moov.Mg

À Madagascar, la vaccination ne se limite pas à prévenir les maladies. Elle peut devenir un moteur de développement économique et social. Mais malgré des avancées obtenues, le financement reste insuffisant pour exploiter pleinement ce potentiel.

Vaccination, un programme aux effets économiques directs

La vaccination s’impose aujourd’hui comme l’un des investissements les plus rentables en matière de santé publique. « La vaccination est le programme de santé le plus rentable. On peut très bien calculer le retour sur investissement », souligne le Dr Eli Ramamonjisoa, coordinateur national du Global Health Advocacy Incubator (GHAI). Selon lui, « un dollar utilisé pour la vaccination peut produire 23 dollars, si le programme de vaccination est complet ». Ce rendement s’explique notamment par la baisse des dépenses de santé et l’amélioration de la productivité. « Une population en bonne santé est une population plus productive », insiste-t-il, évoquant également la réduction de la mortalité.

Malgré ces avantages, les moyens alloués restent limités. Le budget consacré à la vaccination a certes augmenté en 2026, passant de 3 à 23 milliards d’ariary. Mais ce niveau demeure insuffisant pour répondre aux besoins. Chaque année, environ 15 millions de dollars sont mobilisés pour le programme, dont seulement 5 millions proviennent des ressources propres de l’État. Les 10 millions restants dépendent encore des partenaires techniques et financiers, ce qui limite la capacité du pays à planifier durablement ses actions.

Le Fonds national de vaccination, un outil clé en attente

Cette dépendance constitue un risque réel pour la continuité du programme. Le retrait progressif de certains bailleurs internationaux, notamment américains, fragilise davantage le système. « Afin d’éviter tout déclin si jamais les bailleurs se retirent, il est important que Madagascar ne dépende plus en grande partie de ces partenaires », avertit le Dr Eli Ramamonjisoa. Pour les acteurs du secteur, l’enjeu est désormais de renforcer la contribution nationale afin de sécuriser les acquis.

Dans cette perspective, la mise en place effective du Fonds national de vaccination (FNV) est jugée essentielle. Prévu par la loi n° 2016-058 du 2 février 2016, ce dispositif vise à garantir un financement durable et encadré. Pourtant, il n’est toujours pas opérationnel. « Si le FNV est effectif, le fonds aura une visibilité, il sera sécurisé et le contrôle de la manière dont le fonds a été utilisé est bien cadré », explique Miarosata Rakotoniaina, assistant du programme de plaidoyer pour la vaccination au sein du consortium de la société civile formé par la plateforme HINA, le Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes (CCOC) et le réseau des jeunes NOSYW. Ce consortium met en œuvre depuis trois ans, à Madagascar, le projet « Plaidoyer pour la vaccination et le financement des soins de santé primaires », avec le soutien du GHAI (Global Health Advocacy Incubator). Si des avancées ont été enregistrées, notamment sur le plan budgétaire, le défi reste entier : faire de la vaccination un véritable pilier du développement. Cela suppose un engagement financier plus fort de l’État et la mise en œuvre de réformes concrètes. Car au-delà de la santé, c’est bien la dynamique économique du pays qui est en jeu.

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