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Soupçonnée d'avoir commandité l'agression de Hamraoui, l'ex-joueuse du PSG Aminata Diallo renvoyée en procès

06/11/2026 16:02 © Afp

Cinq ans après l'agression de son ancienne coéquipière Kheira Hamraoui, en novembre 2021, l'ex-joueuse du PSG Aminata Diallo est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Versailles pour complicité de violences aggravées et association de malfaiteurs.

Six autres personnes sont également renvoyées pour leur implication présumée dans ce dossier, dont César Macavala, conseiller sportif de plusieurs joueuses parisiennes, qui comparaîtra pour exercice illégal de l'activité d'agent sportif.

Dans l'ordonnance de renvoi rendue vendredi, dont l'AFP a pris connaissance, le juge d'instruction estime que Mme Diallo avait commandité les violences subies par Mme Hamraoui.

Le 4 novembre 2021, Kheira Hamraoui avait été agressée à Chatou, dans les Yvelines, à coups de barre de fer et frappée sur les jambes par deux hommes, devant Aminata Diallo, alors que les deux joueuses rentraient d'un dîner d'équipe.

Au terme de l'enquête, le parquet de Versailles avait requis, en décembre 2025, un procès contre Mme Diallo, soupçonnée d'avoir commandité l'agression, cinq autres mis en cause soupçonnés d'y avoir pris part, ainsi que M. Mavacala.

Me Saïd Harir, avocat de Mme Hamraoui, a salué auprès de l'AFP le renvoi devant un tribunal comme "une étape déterminante".

"Pour Kheira Hamraoui, ces années ont été éprouvantes. À la violence de l’agression se sont ajoutés le temps long de l’instruction, les conséquences personnelles, professionnelles et médiatiques d’une affaire qui l’a durablement exposée et fragilisée", a-t-il insisté.

"Après cinq longues années d'instruction, c'est un immense soulagement de voir les investigations aboutir et un procès bientôt se tenir", a pour sa part réagi Me Julia Minkowski, qui défend aussi Mme Hamraoui.

Le juge d'instruction a retenu contre Aminata Diallo des faits de complicité de violences volontaires aggravées, estimant qu'elle avait orchestré l'agression et guidé les membres du commando jusqu'au lieu des faits, sans y participer directement.

"Aucune sanction ni remise en question des méthodes d'enquête déployées à l'encontre d’Aminata Diallo ne figure dans cet acte, qui est par ailleurs truffé d'affirmations factuellement fausses", a déploré l'un des conseils de l'ancienne joueuse de l'équipe de France, Me Romain Ruiz, qui défend la footballeuse au côté de Mes Chloé Redon, Mourad Battikh et Hugues Vigier.

"C’est comme si elle criait dans le désert depuis quatre ans. Nous crierons pourtant son innocence jusqu’au dernier jour de l’audience à venir", a prévenu Me Ruiz.

Jalousie

Concernant César Mavacala, le magistrat instructeur a prononcé un non-lieu pour les faits d'extorsion et d'escroquerie en bande organisée, estimant que les éléments de l'enquête ne permettent pas de caractériser suffisamment des menaces ou contraintes susceptibles de constituer ce délit.

"Je me félicite du non-lieu obtenu au bénéfice de Monsieur Mavacala pour les faits d’extorsion en bande organisée", s'est réjouie son avocate, Me Sandrine Pégand.

"C’est une décision majeure qui écarte le volet le plus grave des poursuites. Nous aborderons désormais le procès avec sérénité et détermination", a-t-elle ajouté.

L'enquête a mis en lumière des soupçons de jalousie sportive de Mme Diallo à l'égard de Mme Hamraoui dans un contexte de concurrence au sein de l'équipe parisienne.

Selon l'accusation, cela l'aurait conduit à planifier l'agression de sa coéquipière en faisant appel à plusieurs jeunes hommes.

"Les petites mains, que sont mes clients, se sont vus reprocher par leur commanditaire de ne pas avoir frappé assez fort", a réagi pour l'AFP Me Antoine Gas, qui défend deux des mis en cause renvoyés devant le tribunal.

"Voilà la participation de ceux qui reconnaissent depuis le premier jour, et n’attendent que d’être jugés dans ce dossier qui les dépasse totalement", a-t-il complété.

La date d'audience n'a pas encore été fixée, a précisé le parquet à l'AFP.

Parallèlement au dossier jugé à Versailles, une enquête est en cours à Paris pour harcèlement moral sur Mme Hamraoui, après la plainte de cette dernière contre le PSG.

Outre cette procédure pénale, la joueuse avait saisi le conseil des prud'hommes. Déboutée en décembre 2025, elle a fait appel.

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