Ihorombe : Le Dina régional homologué après plusieurs années de suspension
La région Ihorombe franchit une étape importante dans le renforcement de la paix communautaire. Après plusieurs années de suspension, le « Dinan’Ihorombe Tsy Mihemotsy » a été officiellement homologué par le Tribunal de Première Instance d’Ihosy. Cette reconnaissance marque l’aboutissement d’un long processus de concertation ayant mobilisé les communautés locales, les autorités administratives et judiciaires, avec l’accompagnement du projet LANDJA.
Un retour fondé sur le dialogue et la participation communautaire
Des difficultés liées à son application ont conduit à la suspension du Dina régional en 2017. Cela concerne notamment des sanctions jugées disproportionnées et certaines pratiques incompatibles avec les droits fondamentaux. Cette suspension avait ouvert une période de réflexion sur la manière de préserver les mécanismes traditionnels de régulation sociale tout en garantissant le respect de l’État de droit.
Avec l’appui du projet LANDJA, un important travail de consultation a alors été mené dans les districts d’Ihosy, d’Iakora et d’Ivohibe. Depuis les fokontany jusqu’aux autorités régionales, les communautés ont été des participants importants à l’élaboration d’un nouveau texte reposant sur des règles partagées et mieux adaptées aux réalités actuelles. Baptisé « Ihorombe Tsy Mihemotsy » (« Ihorombe ne recule plus »), ce nouveau Dina symbolise la volonté collective d’avancer vers une gouvernance communautaire plus inclusive et plus respectueuse des droits humains.
Un outil de paix au-delà de la lutte contre l’insécurité
Le nouveau Dina ne se limite pas à la lutte contre le vol de zébus, problématique majeure dans la région. Il établit également des règles visant à prévenir les conflits, protéger les personnes et leurs biens, promouvoir la cohésion sociale et renforcer la collaboration avec les institutions judiciaires et les forces de sécurité. Le texte accorde par ailleurs une place importante à la protection des ressources naturelles, à la préservation des forêts, à la scolarisation des enfants, à l’état civil, à l’assainissement et à la prévention sanitaire. En effet, la paix y est ainsi envisagée comme un levier du développement local.
L’homologation ouvre désormais une nouvelle phase centrée sur la vulgarisation du texte, le renforcement des capacités des comités chargés de son application et la sensibilisation des populations. Pour les acteurs impliqués, le véritable défi sera de faire de ce Dina un outil durable de prévention des conflits et de rapprochement entre justice traditionnelle et justice formelle.





