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Surveillance épidémiologique : Madagascar renforce son système d'information sanitaire

30/10/2026 17:05 © Moov.Mg

Madagascar renforce ses moyens de collecte et de traitement des informations sanitaires avec une dotation américaine de 80 ordinateurs portables et 300 tablettes. Remis le 30 octobre 2026 au ministère de la Santé publique, ces équipements doivent améliorer la circulation des données depuis les centres de santé de base jusqu’aux services centraux, afin de mieux orienter les décisions et la réponse aux épidémies.

Mieux décider grâce à des informations fiables

La rapidité d’intervention face à une épidémie dépend aussi de la qualité des informations disponibles. Un signalement tardif ou des données imprécises peuvent retarder la mobilisation des équipes sanitaires et les mesures nécessaires pour limiter la propagation d'une maladie. C'est dans cette perspective que le ministère de la Santé publique renforce son système d'information avec de nouveaux équipements informatiques. Ce 30 octobre 2026, à Ambohidahy, le gouvernement américain, à travers le projet Data.FI mis en œuvre par Palladium, a remis au ministère 80 ordinateurs portables et 300 tablettes. Le don comprend également des outils de reporting destinés au suivi et à l'évaluation des activités des Centres de santé de base de niveau II (CSB II).

La cérémonie s'est déroulée en présence de Steven Bremner, chargé d'affaires par intérim de l'ambassade des États-Unis, et du Dr Ephraïm Stéphanson Randrianambinina, secrétaire général du ministère de la Santé publique, représentant la ministre.

Des informations qui doivent circuler plus rapidement

Ces équipements sont destinés à faciliter le travail des professionnels de santé dans la collecte, la saisie et la transmission des données sanitaires. L'objectif est de raccourcir le délai entre l'apparition d'un problème de santé dans une localité et sa remontée aux responsables sanitaires du district et aux autorités nationales.

« Pour prendre les bonnes décisions en matière de santé, il faut disposer de données fiables », a rappelé Steven Bremner. Il a notamment évoqué le cas d'un professionnel de santé exerçant dans une commune isolée qui constate des cas inhabituels de fièvre. L'information doit pouvoir être communiquée rapidement aux différents échelons du système sanitaire pour permettre une réaction appropriée. Une meilleure circulation des données doit ainsi contribuer à renforcer la surveillance épidémiologique, à repérer plus rapidement les risques sanitaires et à mobiliser les équipes là où les besoins sont les plus urgents. Elle doit également permettre au ministère de mieux planifier ses interventions et de répartir ses ressources en fonction des réalités observées sur le terrain.

Une digitalisation encore confrontée à des obstacles

Cette dotation intervient alors que la transformation numérique du système de santé malgache reste en cours. Pour la période 2025-2026, Madagascar affiche un taux de maturité numérique de 55,6 %, correspondant au niveau « émergent ». La complétude des rapports sanitaires atteint 98 %. Ce résultat traduit une remontée importante des rapports, mais ne garantit pas nécessairement la cohérence des informations ni leur exploitation optimale.

D'autres indicateurs montrent les difficultés persistantes du secteur. La couverture de la troisième dose du vaccin pentavalent se situe entre 70 et 75 %, avec des écarts entre les zones urbaines et rurales. Des données sanitaires suffisamment précises et régulièrement actualisées sont pourtant nécessaires pour identifier les zones les moins couvertes et adapter les interventions.

Le déploiement des outils numériques reste par ailleurs limité par plusieurs contraintes. Le manque de formation des agents de santé, l'insuffisance de l'accès à l'électricité et à Internet dans certaines zones rurales ainsi que la protection des données médicales constituent des défis importants. La disponibilité des équipements devra donc s'accompagner de formations, d'une maintenance adaptée et de garanties concernant la sécurité des informations.

Data.FI cède la place à un nouveau programme

La remise de ces équipements marque également la dernière activité du projet Data.FI, financé par les États-Unis. Les interventions se poursuivront à travers AFGHS Palladium, un nouveau programme placé sous la responsabilité du Bureau de la sécurité sanitaire mondiale et de la diplomatie du Département d'État américain. Celui-ci accordera une place encore plus importante aux résultats et au renforcement des capacités du ministère. Cette coopération s'inscrit dans le cadre du protocole d'accord sur la santé signé entre Madagascar et les États-Unis en décembre 2025, qui prévoit notamment le renforcement des capacités nationales de détection et de réponse aux épidémies.

Au-delà du matériel fourni, l'enjeu sera désormais de permettre au ministère de prendre progressivement en charge ses systèmes d'information, de les gérer et d'en assurer la pérennité. Car la valeur de ces équipements dépendra surtout de leur utilisation effective et de la capacité des services sanitaires à transformer les informations recueillies en décisions concrètes.

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