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Economie

Gouvernance : le FMI réclame des réformes concrètes et une meilleure exécution du budget

12/10/2026 12:00 © Moov.Mg

Au terme de sa mission du 5 au 9 octobre 2026, le Fonds monétaire international (FMI) exhorte les autorités malgaches à passer à l’application des réformes de gouvernance. L’institution pointe également la lenteur des dépenses publiques et les insuffisances de recettes, à l’approche de la préparation du budget 2027.

La mise en œuvre des réformes attendue

Les autorités malgaches sont appelées à concrétiser leurs engagements en matière de gouvernance. À l’issue de sa mission à Antananarivo, du 5 au 9 octobre 2026, le FMI estime que le pays doit désormais dépasser le stade de la conception et de la planification pour entrer dans celui de la mise en œuvre des réformes. L’institution insiste sur la nécessité de suivre concrètement les progrès accomplis. Elle recommande la mise en place d’un dispositif solide permettant de mesurer l’application du plan d’action élaboré par les autorités à partir des principales recommandations de son diagnostic de gouvernance. Ce suivi doit aussi permettre aux responsables publics de rendre compte des résultats obtenus.

La réforme de la Jirama figure également parmi les dossiers à faire avancer plus rapidement. Le FMI demande, en outre, l’application des mesures encore en attente dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), l’un des programmes soutenus par l’institution à Madagascar.

Des blocages administratifs à corriger

L’exécution du budget 2026 reste un autre sujet de préoccupation. Selon le FMI, les dépenses de l’État ont progressé lentement depuis le début de l’année, en raison de difficultés administratives qui retardent leur réalisation. Les autorités souhaitent accélérer les investissements publics pour soutenir la reprise économique. Cette accélération devra néanmoins tenir compte de la capacité effective des administrations à réaliser les projets, tout en respectant l’objectif de solde primaire fixé pour la fin de l’année. Cet indicateur mesure l’écart entre les recettes et les dépenses publiques, hors intérêts de la dette.

Le FMI souligne également les insuffisances de recettes récemment enregistrées. Il juge indispensable d’appliquer sans attendre les mesures prévues dans la loi de finances rectificative pour rationaliser les dépenses fiscales, notamment les exonérations et les allègements d’impôts. Ces dispositifs réduisent les recettes que l’État pourrait normalement percevoir.

Renforcer les recettes de l’État

La préparation de la loi de finances 2027 est en cours. Pour le FMI, la mobilisation des recettes intérieures doit rester au cœur de la stratégie budgétaire, compte tenu des besoins importants de Madagascar en matière de développement. La maîtrise des dépenses constitue l’autre priorité mise en avant par l’institution. Elle recommande notamment le rétablissement intégral du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants, qui doit permettre de faire évoluer les prix en fonction des coûts et des conditions du marché.

Ces orientations interviennent alors que le pays doit faire face à plusieurs contraintes économiques. Dans sa déclaration, le chef de mission du FMI, Constant Lonkeng, évoque notamment les perturbations répétées de l’approvisionnement en eau et en électricité, les conséquences du cyclone Gezani et la hausse des cours mondiaux du pétrole dans un contexte de guerre au Moyen-Orient. Les travaux de reconstruction après le cyclone se poursuivent.

Une nouvelle évaluation attendue

Le FMI prévoit de revenir à Madagascar dans les prochains mois pour procéder à une évaluation formelle des performances économiques et des perspectives du pays, dans le cadre des cinquièmes revues des accords conclus au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la FRD.

Lors de cette mission, l’équipe du FMI a rencontré le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, le gouverneur de la Banque centrale et d’autres acteurs, notamment des représentants de la société civile, du secteur privé et des étudiants. D’ici à cette prochaine évaluation, l’enjeu sera de transformer les engagements annoncés en réformes effectivement appliquées. Le FMI attend des avancées vérifiables, tant en matière de gouvernance que de gestion des finances publiques.

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