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Nationale

Sud de Madagascar : la crise alimentaire s’aggrave avec une soudure précoce

03/10/2026 15:20 © Moov.Mg

Dans le Grand Sud de Madagascar, des ménages pauvres se retrouvent sans réserves alimentaires dès septembre, deux mois avant le début habituel de la période de soudure. Les mauvaises récoltes et la hausse des prix fragilisent davantage les familles, tandis que les perspectives de la prochaine campagne agricole restent incertaines.

Des productions agricoles en recul

La période de soudure s’installe plus tôt que prévu dans le Sud de Madagascar. Dès septembre, certains ménages pauvres ont épuisé les stocks constitués après la campagne agricole 2025-2026, alors que les réserves doivent normalement permettre de tenir jusqu’en novembre, période habituelle de début de soudure. Cette pénurie précoce prolonge les difficultés alimentaires des familles les plus vulnérables. La crise est déjà classée en phase 3 de l’Indice de la faim (IPC) dans les districts de Toliara II et d’Amboasary Atsimo. D’après le réseau d’alerte précoce FEWS NET, d’autres zones du Grand Sud et du Grand Sud-Est pourraient connaître une situation similaire à partir d’octobre, à mesure que la période de soudure s’intensifie.

Les mauvaises récoltes de la campagne 2025-2026 expliquent en grande partie l’épuisement anticipé des stocks. Les précipitations irrégulières, les épisodes de sécheresse, la diminution des superficies cultivées et les attaques de ravageurs ont pesé sur la production agricole. Les récoltes de manioc et de patates douces, entre juillet et septembre, n’ont pas suffi à compenser les déficits alimentaires des ménages. Dans l’Androy, la production de ces deux cultures serait inférieure de 10 à 30 % à la moyenne des cinq dernières années. La récolte d’arachide aurait, quant à elle, enregistré une baisse de plus de 30 %.

Des repas réduits face à la hausse des prix

Sans récoltes suffisantes pour couvrir leurs besoins, les familles dépendent davantage des achats sur les marchés. Or, leurs revenus agricoles sont inférieurs à la moyenne et les produits alimentaires coûtent plus cher. L’inflation alimentaire annuelle est passée de 6,8 % en janvier à 10,4 % en juillet. Le manioc, le maïs, les légumineuses et les légumes figurent parmi les denrées dont les prix ont augmenté. Pour continuer à se nourrir, les ménages multiplient les stratégies de survie. Certains réduisent le nombre de repas, d’autres empruntent davantage ou collectent des aliments sauvages. La production de charbon de bois et l’exploitation minière informelle constituent également des moyens de chercher des revenus supplémentaires.

Les espoirs reposent désormais en partie sur la campagne 2026-2027, dont les perspectives demeurent incertaines. Dans l’Androy, les pluies exceptionnellement précoces d’août et septembre ont incité certains agriculteurs à planter le manioc plus tôt. Mais ces cultures restent exposées à des précipitations annoncées comme irrégulières et inférieures à la moyenne. Dans l’Atsimo-Andrefana, les retards dans la préparation des terres et le manque de semences risquent aussi de limiter les surfaces cultivées. Pour les familles qui ont déjà épuisé leurs réserves, l’attente de la prochaine récolte s’annonce donc difficile, alors que les besoins alimentaires augmentent et que les possibilités de reconstituer les stocks restent limitées.

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