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Culture

Maman’i Tsôlôlô :Du "Antsa Sakalava revisité" pour le retour aux sources de tous les Malagasy

21/09/2026 14:58 © Moov

Star exceptionnelle de la musique vivante à Madagascar, Maman’i Tsôlôlô prône la culture traditionnelle Sakalavan'i Boeny. Et ce, pour un ultime objectif : conscientiser tous les Malgaches à conserver et à reprendre la culture traditionnelle.

Depuis 2024, Maman’i Tsôlôlô se présente au public grâce à son titre "Zahay Zanaka Sakalava". Elle attire l'attention du public grâce à une musique profondément enracinée dans l'Univers Sakalava du Boeny, au nord-ouest de Madagascar.

Entre conservation et réinvention

Traditionaliste engagée de la communauté Sakalavan'i Boeny, Maman’i Tsôlôlô se dévoue corps et âme pour honorer ses ancêtres. Alors que la plupart des rituels et pratiques spirituels des Sakalava restaient à l’abri des regards, l’artiste décide de les dévoiler au grand public.
À la base, Maman’i Tsôlôlô propose du "antsa sakalava". Pourtant, en considérant la modernité et en s'adressant au grand public, elle y ajoute des touches plus dynamiques et faciles à comprendre. De plus, sa production ne cherche pas uniquement à présenter des sujets culturels traditionnels ou spirituels. Elle met également en scène des préoccupations contemporaines, en évoquant les difficultés de la vie quotidienne, le désir de réussite, les inégalités, l'éducation et les aspirations à une vie meilleure. Par ailleurs, le concept lié à l'adoration et à l'évocation des ancêtres reste au rendez-vous pour chaque tube.
Mère de famille de 38 ans, l'artiste est déjà passée par plusieurs situations pour choisir les titres et les paroles de ses chansons. Détrompez-vous, Tsôlôlô n'est pas un enfant de 2 ou de 5 ans. Ce descendant de l’artiste dépasse la vingtaine et est déjà parent de 3 enfants.

De l’identité sakalava aux scènes nationales & internationales

Les clips de Maman’i Tsôlôlô enregistrent des milliers de vues sur les plateformes les plus connues comme YouTube et Facebook. L'audience ne se limite pas aux internautes à Madagascar : l'artiste perce favorablement sur la scène nationale comme internationale. À Madagascar, l'artiste participe activement à des événements culturels connus dans le pays, à ne citer que Somaroho à Nosy-Be, Sorogno à Ambanja et Tsakaraka à Vohémar. Sans compter les contrats à l'international.
Dans tous les détails de ses œuvres, Maman’i Tsôlôlô emmène ses fans dans un voyage dans le monde Sakalava Boeny. Les paroles, les danses, les accessoires de scène, la coiffure ainsi que le style vestimentaire affichent des codes uniques, tous liés aux croyances et pratiques Sakalava Boeny. Pour le moment, l'artiste affirme son désintérêt pour les tenues personnalisées : elle privilégie les habits traditionnels, faciles d’accès sur le marché. À chaque clip ou parution en public, Maman’i Tsôlôlô s'habille comme ses ancêtres et les conservatrices actives : robe avec écharpe traditionnelle ou lambahoany, cheveux tressés et départagés en mini chignons (dokodoko) ainsi que les bijoux. Sans oublier les décorations à base de "tany ravo" ou de "masonjoany" sur le visage. Puis, elle n'hésite pas à informer les organisateurs d'événements concernant ses conditions personnelles liées aux "fady" : la viande de porc dans son plat est par exemple tabou.
L'artiste procède à la vulgarisation en masse de la culture traditionnelle Sakalava Boeny. Ce qui est un réel avantage pour sa communauté, en obtenant la reconnaissance de milliers de personnes à Madagascar et à l'étranger. Cependant, Maman’i Tsôlôlô envoie également des messages à toutes les tribus de valoriser et de garder précieusement leurs "fomban-drazana".

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