AGOA : deux années supplémentaires pour consolider les exportations malgaches
La prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’en décembre 2028 constitue une perspective favorable pour Madagascar. Elle offre davantage de visibilité aux exportateurs malgaches et pourrait contribuer à maintenir la confiance des investisseurs intéressés par le marché américain. Mais pour les autorités, l’enjeu est déjà de préparer l’après-2028.
Un cadre commercial prolongé
Madagascar devrait pouvoir continuer à bénéficier du cadre offert par l’AGOA jusqu’en décembre 2028. La Chambre des représentants américaine a adopté, le 1er septembre 2026, le projet de loi HR 6500 par 370 voix contre 48, après son adoption par le Sénat le 8 août. Le processus parlementaire américain est ainsi achevé. Le texte doit désormais être soumis à la signature du président des États-Unis pour que la prolongation puisse entrer en vigueur.
Au-delà de la procédure américaine, cette décision revêt un intérêt particulier pour Madagascar, dont une partie des activités économiques est tournée vers l’exportation vers le marché américain.
Davantage de visibilité pour les exportateurs
Le premier impact attendu concerne la visibilité des opérateurs économiques malgaches. La prolongation de l’AGOA jusqu’en 2028 offre un horizon plus clair aux entreprises qui développent ou maintiennent leurs activités d’exportation vers les États-Unis. Cette visibilité est également importante pour les décisions d’investissement. Pour les autorités malgaches, le maintien du dispositif contribue à renforcer la confiance des investisseurs et à offrir un environnement plus prévisible aux entreprises engagées dans les échanges avec le marché américain.
La prolongation pourrait ainsi soutenir la continuité des relations commerciales entre les deux pays et permettre aux opérateurs de mieux planifier leurs activités au cours des prochaines années.
Un enjeu pour l’emploi et l’investissement
Au-delà des exportations elles-mêmes, l’AGOA représente un enjeu pour l’activité économique et l’emploi à Madagascar. Un accès plus prévisible au marché américain peut favoriser le maintien et le développement des entreprises exportatrices, avec des effets potentiels sur les investissements et les emplois liés aux secteurs tournés vers l’exportation. C’est dans cette perspective que les autorités malgaches considèrent la prolongation comme une évolution « importante et porteuse d’espoir ». Le ministère du Commerce et de la Consommation estime qu’elle peut contribuer à consolider la confiance des investisseurs dans le marché américain.
L’ambassade de Madagascar à Washington partage cette lecture. L’ambassadrice Lantosoa Rakotomalala, qui copréside avec son homologue du Kenya le sous-comité sur l’AGOA au sein du Corps diplomatique africain aux États-Unis, souligne la nécessité de poursuivre les travaux autour de la modernisation du dispositif. L’objectif est notamment de disposer, à terme, d’un cadre plus prévisible et durable pour soutenir les investissements et la création d’emplois.
Madagascar vise déjà l’après-2028
Pour les autorités malgaches, la prolongation actuelle ne constitue toutefois qu’une étape. Le ministère du Commerce et de la Consommation annonce vouloir poursuivre les consultations et les démarches de sensibilisation afin d’obtenir une prolongation de dix ans supplémentaires après 2028. L’objectif est de donner aux exportateurs et aux investisseurs une visibilité suffisamment longue pour engager des investissements et développer leurs activités dans la durée. Une telle perspective permettrait également de renforcer davantage les relations commerciales entre Madagascar et les États-Unis.
La prochaine échéance reste toutefois la signature présidentielle américaine. Une fois cette étape franchie, Madagascar disposera de deux années supplémentaires pour consolider sa présence sur le marché américain et préparer la prochaine bataille : obtenir un cadre commercial durable au-delà de 2028.




