VIH à Madagascar : le nombre d’enfants vivant avec le virus a presque quadruplé en quinze ans
Le VIH continue de progresser chez les enfants à Madagascar. Selon les estimations du VIH pour 2026 publiées par l’UNICEF, 7 600 enfants âgés de 0 à 14 ans vivaient avec le virus en 2025, contre environ 2 000 en 2010. Les nouvelles infections et les décès liés au sida sont également en hausse, mettant en évidence les difficultés persistantes en matière de prévention, de dépistage et de traitement.
2 100 nouvelles infections en 2025
Les chiffres dressent le constat d’une augmentation continue. En l’espace de quinze ans, le nombre d’enfants de 0 à 14 ans vivant avec le VIH à Madagascar est passé d’environ 2 000 à 7 600, selon les nouvelles estimations de l’UNICEF. La courbe n’a cessé de progresser au cours de cette période. Cette évolution concerne également les nouvelles infections et les décès liés au sida, deux indicateurs qui restent orientés à la hausse. En 2025, Madagascar comptait ainsi une estimation de 2 100 nouvelles infections chez les enfants de 0 à 14 ans, tandis que 1 200 décès liés au sida ont été enregistrés dans cette même tranche d’âge.
Les données montrent que les plus jeunes restent particulièrement exposés aux insuffisances de la riposte contre le VIH. Parmi les différentes tranches d’âge étudiées, les enfants de 0 à 14 ans présentent le niveau d’incidence le plus élevé, avec une tendance à la hausse depuis 2010. La mortalité liée au sida est également plus importante chez les jeunes enfants que chez les adolescents plus âgés. Ces chiffres soulignent les difficultés qui persistent dans l’identification précoce des cas et dans l’accès à une prise en charge adaptée.
Des lacunes dans le dépistage et le traitement
En prenant en compte l’ensemble des groupes d’âge pédiatriques et adolescents, le nombre de jeunes vivant avec le VIH à Madagascar approche les 10 000 en 2025, selon les données présentées dans les estimations. La situation observée à Madagascar s’inscrit dans une tendance mondiale préoccupante. En 2025, environ 2,27 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 0 à 19 ans vivaient avec le VIH dans le monde. Les enfants restent toutefois moins bien couverts par les services de dépistage et de traitement que les adultes.
À l’échelle mondiale, seuls 65 % des enfants âgés de 0 à 14 ans vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique en 2025. Seuls 55 % recevaient un traitement antirétroviral. À titre de comparaison, 89 % des adultes vivant avec le VIH connaissaient leur statut et 79 % étaient sous traitement. Moins d’un enfant sur deux vivant avec le VIH, soit 47 %, présentait une charge virale indétectable.
Réduction des financements internationaux
Ces estimations interviennent dans un contexte délicat pour la lutte contre le VIH. L’UNICEF alerte sur les conséquences possibles de la réduction des financements internationaux et des perturbations affectant les services de prévention et les services communautaires. Pour les enfants et les adolescents, qui accusent déjà un retard dans l’accès au dépistage et au traitement, ces difficultés pourraient fragiliser davantage la riposte.
Les priorités restent donc le renforcement du dépistage précoce, l’amélioration de la prise en charge des enfants vivant avec le VIH et la prévention des nouvelles infections, notamment chez les adolescents. L’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant demeure également un objectif central. Pour Madagascar comme pour les autres pays concernés, ces nouvelles estimations constituent un outil de suivi. Elles permettent de mesurer l’évolution de l’épidémie et d’identifier les lacunes dans les services de santé. La progression observée depuis 2010 chez les enfants malgaches rappelle surtout l’ampleur du défi. Face à des ressources financières qui se raréfient, la disponibilité de données actualisées et fiables devient essentielle pour orienter les moyens vers les populations qui en ont le plus besoin et tenter d’inverser une tendance qui reste, pour l’heure, préoccupante.




