Hygiène dans les établissements de santé : Madagascar au 3ᵉ rang mondial des pays les plus en difficulté
À Madagascar, 46 % des établissements de santé ne disposent d’aucun service d’hygiène. Le pays se classe ainsi au 3ᵉ rang mondial derrière le Soudan et le Laos, selon le nouveau rapport conjoint de l’OMS et de l’UNICEF sur les services d’eau, d’assainissement, d’hygiène, de nettoyage environnemental et de gestion des déchets dans les établissements de soins.
Une situation préoccupante
Le rapport du Programme conjoint de suivi (JMP) de l’OMS et de l’UNICEF, couvrant la période 2015-2025, met en évidence d’importantes insuffisances dans les établissements de santé malgaches. En matière d’hygiène, seuls 14 % disposent d’un service de base, tandis que 40 % bénéficient d’un service limité. Dans 46 % des établissements, aucune installation fonctionnelle de lavage des mains n’est disponible aux points de soins et à proximité des toilettes. Le classement mondial place Madagascar derrière le Soudan, où 68 % des établissements sont dépourvus de service d’hygiène, et le Laos, avec 63 %. À l’échelle mondiale, cette situation concerne 8 % des établissements de santé, ce qui souligne l’ampleur du retard malgache.
Les difficultés ne concernent pas uniquement le lavage des mains. Selon les données du rapport, 49 % des établissements de santé malgaches sont dépourvus de service d’eau. Seuls 30 % disposent d’un service de base et 22 % d’un service limité. Madagascar figure ainsi parmi les pays enregistrant les proportions les plus élevées d’établissements sans service d’eau.
Le nettoyage également en cause
Le constat est encore plus sévère pour le nettoyage environnemental. En 2025, 76 % des établissements de santé malgaches ne disposent d’aucun service dans ce domaine. Le JMP considère qu’un établissement est sans service lorsque ni protocole de nettoyage n’est disponible ni personnel chargé du nettoyage n’a reçu de formation. Cette situation constitue un enjeu de prévention des infections associées aux soins. Le rapport rappelle que la contamination de l’environnement peut contribuer à leur transmission et que le nettoyage, accompagné de protocoles et de personnel formé, constitue un élément essentiel de la prévention et du contrôle des infections.
Madagascar fait toutefois partie des 39 pays pour lesquels le JMP dispose désormais d’estimations couvrant les cinq services de base : eau, assainissement, hygiène, nettoyage environnemental et gestion des déchets. Le pays rejoint ainsi un groupe qui n’en comptait que 29 dans le rapport précédent. À l’échelle mondiale, les progrès restent contrastés. En 2025, 85 % des établissements de santé disposaient d’un service d’eau de base, contre 76 % en 2015. La couverture atteignait 72 % pour l’hygiène et 71 % pour la gestion des déchets. En revanche, l’assainissement de base ne concernait que 40 % des établissements et le nettoyage environnemental 59 %.




