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46ᵉ Sommet ordinaire de la SADC : l’Afrique australe veut produire davantage avec ses propres ressources

17/08/2026 16:44 © Moov.Mg

Réunis à Durban, en Afrique du Sud, pour le 46ᵉ Sommet ordinaire de la SADC, les dirigeants de la région ont insisté sur un constat : l’Afrique australe dispose déjà d’une grande partie des ressources nécessaires à son développement. Avec ses terres agricoles, ses minerais, ses infrastructures en développement, ses compétences et un vaste marché de consommateurs, la région doit désormais davantage transformer et produire localement. Madagascar, représenté par le colonel Michaël Randrianirina, participe à cette réflexion collective.

Des ressources, mais trop peu transformées

« Nous disposons de tout ce dont nous avons besoin, au sein des 16 États membres de notre Communauté, pour répondre aux besoins de nos populations. » Le message lancé par le président sud-africain Cyril Ramaphosa à l’ouverture du sommet résume l’un des principaux enjeux de cette rencontre régionale. En effet, l’Afrique australe possède d’importantes ressources naturelles, un potentiel agricole considérable, une population jeune et des capacités industrielles et technologiques en progression. Pourtant, la région continue d’importer des produits qu’elle pourrait fabriquer elle-même et d’exporter des matières premières sans leur faire subir suffisamment de transformation.

Pour Cyril Ramaphosa, cette situation représente autant de valeur économique et d’emplois qui échappent encore aux pays de la SADC. Le défi consiste donc à transformer les ressources disponibles en industries, en produits finis et en emplois, plutôt qu’à se limiter à leur exportation.

Miser sur les chaînes de valeur régionales

Cette ambition se retrouve au cœur du thème du 46ᵉ Sommet : « L’Industrialisation résiliente, durable et inclusive par le développement des infrastructures, de l’agriculture et de la transformation des minéraux critiques dans le cadre d’une mondialité juste ». Le Secrétaire exécutif de la SADC, Elias Magosi, a notamment souligné l’importance des minéraux critiques, comme le lithium, le cobalt ou le cuivre. La région en possède d’importantes réserves, mais doit davantage développer leur transformation sur place afin de créer de la valeur au sein des économies locales.

La même logique s’applique à l’agriculture. Selon le Secrétaire exécutif, les investissements réalisés dans ce secteur ont déjà contribué à réduire de 16 % l’insécurité alimentaire dans la région. L’objectif est désormais de renforcer la productivité, les réserves alimentaires et les chaînes de valeur agricoles, tout en soutenant les petits exploitants.

Un marché régional encore sous-exploité

Pour transformer ces potentialités en activité économique, les pays de la SADC doivent aussi combler leurs déficits d’infrastructures. Routes, chemins de fer, ports, réseaux électriques, infrastructures hydrauliques et connectivité numérique figurent ainsi parmi les priorités évoquées à Durban. L’enjeu dépasse la simple liaison entre capitales. Les infrastructures doivent également rapprocher les zones rurales, les villes frontalières et les régions encore peu intégrées aux échanges. Une meilleure connexion doit permettre aux marchandises, aux services et aux compétences de circuler plus facilement entre les 16 pays. Par ailleurs, la sécurité énergétique constitue un chantier majeur. À travers des mécanismes comme le Southern African Power Pool, les États membres cherchent à renforcer le partage des ressources électriques et à améliorer la fiabilité de l’approvisionnement régional.

Malgré les avancées de l’intégration économique, le président Ramaphosa estime que le rythme de transformation reste trop lent. En 2025, la croissance économique régionale s’est établie autour de 3,4 %, tandis que les échanges entre pays de la SADC ne représentaient qu’environ un cinquième du commerce total de la région. La zone de libre-échange de la SADC constitue pourtant une base pour développer davantage le commerce régional. L’objectif est également de tirer parti de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui ouvre aux entreprises de la région l’accès à un marché de plus de 1,4 milliard de personnes.

Madagascar, dans une région en quête de stabilité

La participation de Madagascar au sommet intervient aussi dans un contexte où les questions politiques et sécuritaires régionales restent suivies par la SADC. Le colonel Michaël Randrianirina représente Madagascar à cette rencontre de haut niveau. Dans son discours, Elias Magosi a évoqué la situation politique et sécuritaire à Madagascar. Il a également salué les avancées du dialogue engagé dans le pays, mené notamment avec l’appui du Secrétariat de la SADC, du Groupe de référence pour la médiation et du Panel des Sages. Selon lui, ces efforts contribuent à renforcer la confiance, la recherche de consensus et une gouvernance inclusive.

Au-delà des déclarations, le message de Durban porte surtout sur la nécessité de passer à l’action. L’ambition est ainsi de faire de l’intégration régionale un outil perceptible dans la vie quotidienne des populations. Pour une SADC qui rassemble plus de 400 millions d’habitants selon le discours de Cyril Ramaphosa, l’enjeu est désormais de mieux exploiter les ressources déjà présentes dans la région et de faire davantage circuler la valeur créée en Afrique australe. Le sommet de Durban, placé sous la présidence de l’Afrique du Sud, doit ainsi permettre aux États membres de définir les moyens d’accélérer cette transformation, tout en maintenant la paix, la stabilité et la coopération régionale comme conditions essentielles du développement.

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