Amoron'i Onilahy : des activités génératrices de revenus pour freiner la déforestation
Plutôt que de lutter uniquement contre la déforestation, le WWF s'attaque à l'une de ses principales causes : la pauvreté. Dans l'aire protégée d'Amoron'i Onilahy, plus de 600 ménages sont accompagnés pour développer des activités génératrices de revenus compatibles avec la préservation des ressources naturelles.
Améliorer les revenus pour préserver la forêt
Produire des légumes plutôt que du charbon de bois. C'est le pari que fait le WWF dans l'aire protégée d'Amoron'i Onilahy, dans dans la région Atsimo-Andrefana de Madagascar. L'organisation accompagne les communautés locales afin qu'elles puissent améliorer leurs revenus sans dépendre de l'exploitation des forêts, principale menace qui pèse aujourd'hui sur cette zone d'une richesse écologique exceptionnelle. Dans les villages d'Ambiky, Ambohimahavelona, Antanimena, Mahaleotse et Maroamalo, plus de 600 ménages ont reçu des semences, du matériel agricole, des formations et des microcrédits. Grâce à cet appui, ils développent des cultures maraîchères destinées à alimenter le marché de Toliara, tout en adoptant des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement.
L'accompagnement ne se limite pas aux activités agricoles. Les habitants participent également à la surveillance de l'aire protégée afin de lutter contre les coupes illicites de bois. Chaque patrouille est rémunérée d’un montant comparable au revenu tiré de la vente d'un sac de charbon de bois de 45 kg. Une manière de faire de la protection de la forêt une source de revenus.
Un patrimoine naturel sous pression
Cette approche répond à une réalité bien connue à Madagascar. Dans un contexte où une grande partie de la population rurale dépend de l'agriculture de subsistance, la fabrication de charbon de bois reste souvent l'un des rares moyens de gagner de l'argent. Résultat : la Grande Île a perdu une part importante de son couvert forestier, mettant en péril des espèces endémiques et accentuant les effets des sécheresses, des inondations et de l'érosion. Le bassin versant de l'Onilahy constitue pourtant un réservoir de biodiversité de premier plan. Son aire protégée englobe un site Ramsar couvrant 75 kilomètres du cours inférieur de la rivière, avec des lacs, marais, rivières, forêts galeries et fourrés épineux qui abritent une faune et une flore uniques.
Au-delà de leur intérêt écologique, ces écosystèmes rendent des services essentiels aux populations en fournissant de l'eau, des ressources forestières et des zones de pêche. Mais l'extension des terres agricoles et la production de charbon de bois continuent de fragiliser cet équilibre. Pour le WWF, protéger durablement Amoron'i Onilahy passe par l'amélioration des conditions de vie des habitants. En développant des activités économiques alternatives et en associant les communautés à la gestion de l'aire protégée, l'organisation cherche à réduire la pression sur les ressources naturelles.




