PCP Madagascar 2026-2030 : un nouveau pari pour accélérer l’industrialisation et créer des emplois
Le Programme de Partenariat Pays (PCP) Madagascar 2026-2030 a été officiellement lancé ce jour au Centre de Conférences International (CCI) d'Ivato. Porté par le Gouvernement malgache et l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), ce programme veut faire de l’industrialisation un moteur de croissance, d’emplois et de création de richesse. Pour ses promoteurs, il représente une occasion inédite de transformer durablement l’économie nationale en valorisant davantage les ressources produites dans le pays.
Une opportunité pour transformer l’économie
Le lancement officiel du Programme de Partenariat Pays (PCP) Madagascar 2026-2030 marque une nouvelle étape dans la stratégie d’industrialisation de la Grande Île. Fruit d’un partenariat conclu entre le Gouvernement malgache et l’ONUDI, ce programme rassemble les administrations publiques, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que le monde académique autour d’une même ambition : accélérer la transformation structurelle de l’économie. La cérémonie, organisée ce jeudi 23 juillet 2026 au CCI Ivato, en présence de plusieurs membres du gouvernement, du président de la Refondation de Madagascar, Michaël Randrianirina, et de nombreux partenaires au développement, a permis à chaque département ministériel concerné de présenter les actions qu’il entend mener pour soutenir cette dynamique.
Pour l’ONUDI, le PCP dépasse largement le cadre d’un projet classique de développement. Il s’agit d’une plateforme nationale destinée à mieux coordonner les interventions des différents acteurs afin de multiplier les investissements et les retombées économiques. « Le PCP représente une opportunité historique », a déclaré la représentante résidente de l’ONUDI à Madagascar, Volatiana Rakotondrazafy. Selon elle, le programme doit permettre d’accélérer la transformation de l’économie, de créer davantage d’emplois décents, notamment pour les jeunes, et d’augmenter la valeur ajoutée produite localement à partir des ressources agricoles, minières et industrielles du pays.
Miser sur la transformation locale
Dans un contexte mondial marqué par les effets du changement climatique, la réorganisation des chaînes de valeur et une concurrence internationale plus forte, l’ONUDI estime que Madagascar dispose d’atouts importants mais qu’il devient indispensable de transformer ces potentialités en résultats concrets. Le PCP ambitionne également d’intégrer les enjeux climatiques, énergétiques et environnementaux dans le développement industriel, tout en favorisant une participation accrue des femmes et des jeunes.
Au cœur du programme figure un objectif clair : produire davantage sur le territoire national plutôt que d’exporter principalement des matières premières. Pour les responsables du programme, chaque nouvelle unité de transformation, chaque chaîne de valeur renforcée et chaque PME accompagnée doit contribuer à créer plus de richesse dans le pays, à réduire les importations et à renforcer la compétitivité de l’économie malgache. L’expérience d’autres pays ayant déjà adopté ce modèle, comme le Sénégal, l’Éthiopie ou encore le Pérou, est mise en avant comme une source d’inspiration. Selon l’ONUDI, ces programmes ont permis de mobiliser d’importants investissements et d’améliorer la coordination entre les institutions publiques et les partenaires du développement.
Une agriculture au service de l’industrie
À Madagascar, la réussite du PCP reposera sur un leadership assuré par le gouvernement, mais aussi sur l’engagement du secteur privé, appelé à jouer un rôle central dans l’investissement, l’innovation et la création d’emplois. Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Gaetan Ramindo, a insisté sur le lien étroit entre développement agricole et industrialisation. Selon lui, une industrie compétitive ne peut exister sans un approvisionnement régulier en matières premières de qualité. Le ministère prévoit ainsi d’agir sur plusieurs leviers : augmenter la productivité agricole, mieux organiser les producteurs, améliorer la compétitivité des filières et développer les infrastructures rurales telles que les pistes, les centres de collecte, les silos, les chambres froides ou encore les plateformes logistiques.
L’amélioration de la qualité des productions agricoles constitue également une priorité afin de répondre aux exigences des industries de transformation et des marchés. Parmi les projets mis en avant figurent le développement de la filière maïs, depuis la production jusqu’à sa transformation en farine, semoule ou aliments pour bétail, ainsi que la valorisation des fruits et légumes à travers la création de centres de collecte, de chambres froides et d’unités produisant jus, purées, fruits séchés ou confitures.
Favoriser la création d’emplois durables
Le développement industriel nécessite également une main-d’œuvre qualifiée. À ce titre, le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle s’est fixé pour objectif de porter le taux d’insertion professionnelle des diplômés à 70 % et de former 100 000 personnes d’ici 2030, dont au moins 40 % de femmes. Les autorités considèrent que la collaboration entre l’État, les entreprises et les partenaires techniques constitue une condition essentielle pour répondre aux besoins futurs des industries et favoriser la création d’emplois durables.
Les responsables du programme ont rappelé que le PCP n’est ni un fonds de financement ni une initiative portée par une seule institution. Son efficacité dépendra de la capacité des différents acteurs à travailler ensemble autour d’objectifs communs. Le gouvernement apportera les réformes et les orientations stratégiques, le secteur privé sera chargé d’investir et d’innover, tandis que les partenaires techniques et financiers fourniront leur expertise et leurs ressources. L’ONUDI, de son côté, entend jouer le rôle de facilitateur et de plateforme de mobilisation des investissements.




