À découvrir à l'IFM : une bande dessinée franco-malgache inspirée de la jeunesse d'Arthur Rimbaud
Fruit de quatre années de travail entre Paris et Antananarivo, « Les Ombres des soirs, Une fugue d'Arthur Rimbaud » arrive à la médiathèque de l'Institut français de Madagascar (IFM). L'album, illustré par le dessinateur malgache Liva Rajaobelina et scénarisé par le Français Joan De Crane, propose une relecture originale des jeunes années du célèbre poète. Un événement consacré à cette œuvre est annoncé pour le mois d'octobre.
Entre biographie et roman graphique
La médiathèque de l'IFM accueillera prochainement « Les Ombres des soirs, Une fugue d'Arthur Rimbaud », une bande dessinée née de la rencontre entre deux artistes issus de cultures différentes. Le projet réunit le dessinateur malgache Liva Rajaobelina et le scénariste français Joan De Crane. Conçu entre Paris et Antananarivo, l'album est le résultat de quatre années de création et entend offrir un regard inédit sur la vie d'Arthur Rimbaud. L'histoire se déroule en octobre 1870. Alors que la guerre franco-prussienne fait rage, le jeune Rimbaud, âgé de moins de seize ans, quitte les Ardennes pour prendre la route de la Belgique. Entre éléments historiques et fiction, le récit imagine les rencontres, les doutes et les rêves qui ont pu jalonner ce voyage fondateur dans la vie du futur poète.
Les auteurs présentent leur ouvrage comme un récit documenté qui emprunte autant au journal de voyage qu'au roman graphique. L'album s'appuie sur les faits connus de la jeunesse de Rimbaud tout en laissant une place à l'imagination pour combler les zones d'ombre de son parcours. Cette approche permet de découvrir une facette plus intime du poète, non pas comme une figure littéraire déjà célèbre, mais comme un adolescent en quête d'avenir, confronté à l'inconnu et aux épreuves de la route.
Le style singulier de Liva Rajaobelina
L'un des principaux atouts de cette bande dessinée réside dans son esthétique en noir et blanc. Les illustrations de Liva Rajaobelina, réalisées au stylo bille sur papier, se distinguent par un réseau de traits extrêmement fins qui créent des effets de lumière et de relief remarquables. Professeur de dessin à Madagascar, l'artiste s'est déjà fait connaître avec « La Réunion Kely », publiée en 2017. Son travail a également été présenté lors de plusieurs expositions en France ainsi qu'au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême.
Les planches de « Les Ombres des soirs » ont été dessinées à Madagascar avant d'être numérisées et envoyées en France pour l'intégration des textes et la mise en page. Ce mode de création illustre le caractère véritablement collaboratif du projet.
Une œuvre marquée par la persévérance
L'histoire de cette bande dessinée ne se limite pas à son contenu. Lancé en 2019, le projet a connu plusieurs rebondissements. Prévu initialement chez un éditeur de La Réunion, il a été bouleversé par la faillite de celui-ci puis par le décès de son fondateur en 2024. Les deux auteurs ont finalement choisi l'autoédition afin de mener leur projet à son terme et de rendre hommage à leur ancien éditeur. Tiré à 1 000 exemplaires, l'album témoigne ainsi d'un engagement artistique porté par la patience et la détermination.
La médiathèque de l'IFM prévoit un rendez-vous spécial en octobre autour de cette publication, offrant au public malgache l'occasion de découvrir cette création qui fait dialoguer littérature française et talent graphique malgache.




