Apaisement politique à Madagascar : la SADC demande la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés
Réunis en sommet extraordinaire hier 29 juin 2026 par visioconférence, les dirigeants de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont appelé les autorités malgaches à prendre des mesures en faveur de l’apaisement politique. Parmi les demandes formulées : la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des arrestations jugées arbitraires visant des opposants et des membres de la Génération Z, ainsi que le retour des exilés politiques.
Appel à l’apaisement de la situation politique
La situation politique à Madagascar était au cœur du Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC. Dans son communiqué publié à l’issue de la réunion, l’organisation régionale a fait part de plusieurs recommandations destinées à favoriser la stabilité, le dialogue et le retour à un cadre institutionnel durable dans le pays. Le Sommet a examiné le rapport présenté par le président de l’Organe de coopération en matière de politique, défense et sécurité de la SADC, Arthur Peter Mutharika, à la suite des missions d’établissement des faits et des consultations diplomatiques menées à Madagascar. Ces missions, conduites par Joyce Banda, membre du Comité des sages de la SADC, avaient pour objectif d’évaluer la situation politique et sécuritaire dans le pays.
À l’issue de ces échanges avec différentes parties prenantes malgaches, les dirigeants de la SADC ont réaffirmé leur soutien aux efforts visant à restaurer la paix, la stabilité, l’ordre constitutionnel et les conditions nécessaires au développement durable.
Nécessité d’une communication large des réformes
L’un des points majeurs du communiqué concerne la situation des acteurs politiques et des militants. Le Sommet a explicitement demandé « la libération des prisonniers politiques », ainsi que la fin des arrestations arbitraires visant les responsables de l’opposition et les membres de la Génération Z. La SADC a également appelé au retour au pays des exilés politiques, dans une démarche présentée comme nécessaire pour favoriser un dialogue inclusif et une réconciliation nationale. Ces demandes interviennent dans un contexte où les tensions politiques restent au centre des préoccupations régionales. Pour l’organisation, la consolidation de la paix passe par le respect de l’État de droit, la protection des principes démocratiques et l’implication de l’ensemble des parties prenantes dans la recherche de solutions.
Par ailleurs, dans son communiqué, le Sommet a exhorté le gouvernement malgache dirigé par le président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina, à mettre en œuvre des réformes « claires », accompagnées d’un calendrier précis et accessibles à la population. La SADC insiste notamment sur la nécessité d’une communication large de ces réformes dans les langues nationales afin de garantir une meilleure participation des citoyens et une acceptation des résultats. L’organisation régionale rappelle également que la transition doit conduire au rétablissement de l’ordre constitutionnel et à la mise en place d’un gouvernement démocratiquement élu, conformément à la volonté du peuple malgache.
Dialogue national et rôle renforcé de la SADC
Le Sommet a appelé à l’organisation d’un dialogue inclusif, à des consultations nationales et à un processus de réconciliation pendant la période de transition. Il a invité le gouvernement, le Conseil des Églises chrétiennes et les différentes parties prenantes à agir de manière impartiale, dans le respect de la Constitution et à la recherche d’un consensus. Dans cette perspective, la SADC a décidé d’élargir le mandat du Comité des anciens afin qu’il couvre également la réconciliation nationale, la réforme électorale ainsi que les préparatifs d’un éventuel référendum et des élections législatives.
L’organisation a, en outre, approuvé la création d’un bureau de liaison de la SADC à Antananarivo, chargé de coordonner les actions de soutien au processus engagé à Madagascar. Présidé par le chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, le Sommet extraordinaire a réaffirmé l’engagement de la SADC en faveur de la paix, de la sécurité, de la démocratie, de la bonne gouvernance et du développement durable dans la région. Les dirigeants régionaux ont également salué le travail effectué par les médiateurs et les équipes de la SADC, tout en rappelant que la stabilité de Madagascar constitue un enjeu important pour l’ensemble de la communauté régionale.




