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Fonds national pour la vaccination : l’urgence de sortir de la dépendance extérieure

25/06/2026 06:42 © Moov.Mg

Près de 80 % des vaccins utilisés à Madagascar sont encore financés par les partenaires techniques et financiers. Face au risque d’un désengagement de ces bailleurs, les acteurs de la santé, les parlementaires et la société civile accélèrent les réflexions autour du Fonds national pour la vaccination, un mécanisme prévu depuis 2016 mais qui n’est toujours pas opérationnel.

Une dépendance qui inquiète les acteurs de la santé

L’approvisionnement en vaccins demeure l’un des maillons les plus fragiles du système de santé malgache. Aujourd’hui, la majorité des vaccins administrés dans le pays est financée grâce aux partenaires techniques et financiers. Cette situation préoccupe de plus en plus les responsables du secteur sanitaire qui craignent les conséquences d’un éventuel retrait de ces bailleurs. Selon le directeur du Programme élargi de vaccination, le Dr Paubert Tsivahiny, les partenaires prennent actuellement en charge près de 80 % du coût des vaccins, tandis que l’État malgache ne finance qu’environ 20 %. Une telle dépendance expose le pays à une situation de vulnérabilité. « Si ces partenaires se retiraient, le pays se retrouverait dans une situation de grande vulnérabilité », a-t-il expliqué.

Cette question a été largement débattue lors de l’atelier de réflexion stratégique consacré à l’opérationnalisation du Fonds national pour la vaccination (FNV), organisé à Fianarantsoa sous l’impulsion des organisations de la société civile HINA, NOSYW et CCOC, avec l’appui de la Coalition parlementaire pour la vaccination.

Garantir l’achat des vaccins à long terme

Le député Lova Rajaobelina, président de la Commission de la santé publique et de la planification familiale à l’Assemblée nationale, a rappelé que la loi portant création du Fonds national pour la vaccination a déjà été adoptée depuis 2016. Pourtant, le décret d’application nécessaire à sa mise en œuvre n’a jamais été publié. Cette situation empêche encore aujourd’hui le fonctionnement effectif du fonds. Pour les participants à l’atelier, l’adoption de ce décret constitue désormais une priorité afin de permettre au pays de disposer d’un mécanisme permanent de financement de la vaccination.

Le ministère de la Santé publique continue de faire de la prévention une priorité. La vaccination reste l’un des outils les plus efficaces pour protéger la population contre de nombreuses maladies, a souligné le Dr Paubert Tsivahiny. Cependant, la pérennité des campagnes de vaccination dépend encore largement des financements extérieurs. Les responsables du secteur estiment qu’un fonds national permettrait de sécuriser une partie des ressources nécessaires à l’achat des vaccins et d’assurer une continuité des programmes même en cas de diminution de l’aide internationale. Les discussions menées à Fianarantsoa ont ainsi porté sur les mécanismes susceptibles d’alimenter ce fonds, mais également sur son cadre juridique, son mode de gouvernance et les dispositifs de suivi et de transparence.

Des financements innovants à l’étude

Les participants reconnaissent que l’État malgache ne pourra pas, à lui seul, supporter l’ensemble des dépenses liées à la vaccination. C’est pourquoi plusieurs pistes de financement innovant sont actuellement étudiées. Selon Lova Rajaobelina, il devient nécessaire d’identifier de nouvelles ressources capables de compléter les financements publics. L’objectif consiste à construire progressivement un système plus autonome, moins dépendant des contributions extérieures. Ainsi, les acteurs réunis à Fianarantsoa ont également travaillé sur différentes options budgétaires susceptibles de garantir un financement durable de la vaccination à Madagascar.

La Coalition parlementaire pour la vaccination, créée en mai 2025, entend jouer un rôle important dans ce processus. Constituée avec l’appui de la plateforme HINA et en collaboration avec le ministère de la Santé publique, elle a pour mission de suivre les ressources consacrées à la vaccination et de promouvoir une augmentation progressive de la participation financière de l’État. La société civile participe également aux efforts de plaidoyer auprès des décideurs publics. Les organisations impliquées souhaitent renforcer l’engagement politique en faveur de la vaccination et accélérer la mise en place du Fonds national pour la vaccination.

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