Région Bongolava : La forêt d’Ambaravaranala a perdu près de 2 000 hectares en six ans
Entre 2018 et 2024, la forêt d’Ambaravaranala, dans la région de Bongolava, a perdu près de 2 000 hectares de couverture forestière, selon les chiffres donnés par l’Association Cœur de forêt. Une situation préoccupante qui menace la biodiversité, les ressources en eau et les moyens de subsistance des communautés locales.
Un patrimoine naturel sous forte pression
Située au cœur des Hautes Terres malgaches, la forêt d’Ambaravaranala constitue l’un des derniers grands vestiges de forêt primaire de cette partie de Madagascar. S’étendant autrefois sur plusieurs milliers d’hectares, elle joue un rôle essentiel dans la régulation des cycles de l’eau, la protection des sols contre l’érosion et la préservation d’une biodiversité unique. Les données récentes issues d’analyses satellitaires montrent toutefois une dégradation rapide de cet écosystème. En six ans, la superficie forestière est passée de 5 810 hectares à 3 824 hectares. Les feux de brousse liés aux activités de pâturage, l’exploitation du bois et la fragmentation progressive des habitats figurent parmi les principales causes de cette régression.
L’alerte est d’autant plus préoccupante qu’il ne resterait aujourd’hui qu’environ 1 031 hectares présentant un fort potentiel de conservation. Si la tendance actuelle se poursuit, les projections indiquent que la forêt pourrait être réduite à près de 2 650 hectares d’ici 2030.
La forêt au cœur de la vie des communautés
Au-delà de sa valeur écologique, Ambaravaranala constitue une ressource indispensable pour les populations riveraines. Les habitants y puisent du bois pour la construction et la cuisson, des plantes médicinales ainsi que d’autres ressources nécessaires à leur quotidien.
Selon les responsables communautaires locaux, la forêt contribue également à l’alimentation en eau des rizières et au maintien des régimes de pluie dont dépend l’agriculture de la région. Sa disparition progressive risque ainsi d’avoir des répercussions directes sur la sécurité alimentaire et les revenus des ménages.
Face à cette situation, les acteurs locaux plaident pour une mobilisation collective associant communautés, autorités et partenaires de conservation. Sensibilisation, surveillance communautaire, reboisement et promotion d’alternatives au bois figurent parmi les solutions envisagées pour préserver ce patrimoine naturel. Pour les habitants d’Ambaravaranala, protéger la forêt revient avant tout à préserver les conditions de vie des générations actuelles et futures.




