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Nationale

« Freedom 250 » : plus de 160 ans de relations diplomatiques entre Madagascar et les États-Unis

19/06/2026 10:16 © Moov.Mg

Alors que les États-Unis célèbrent cette année le 250e anniversaire de leur indépendance, l’Ambassade américaine à Madagascar a choisi de mettre également en lumière une autre date marquante : plus de 160 ans de relations diplomatiques entre les deux pays. Noués bien avant l’indépendance malgache de 1960, ces liens figurent parmi les plus anciens partenariats bilatéraux entretenus par Madagascar.

Des relations établies dès le XIXe siècle

L’Ambassade des États-Unis à Madagascar a célébré, hier jeudi 18 juin, le 250e anniversaire de l’indépendance américaine, lors d’une cérémonie présidée par la Chargée d’Affaires américaine, Stephanie Arnold. Organisé en présence du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, de membres du gouvernement, du corps diplomatique, du secteur privé et de partenaires au développement, l’événement a été placé sous le signe de l’amitié entre les deux nations. Au-delà de la commémoration de la signature de la Déclaration d’indépendance américaine de 1776, cette édition baptisée « Freedom 250 » a surtout permis de rappeler l’ancienneté des relations entre Madagascar et les États-Unis. Un partenariat qui remonte à plus de 160 ans, soit bien avant l’établissement de nombreuses relations diplomatiques existant aujourd’hui dans le monde.

Dans son discours, Stephanie Arnold a rappelé que les premiers liens officiels entre les deux pays remontent au 13 février 1866. À cette date, les États-Unis nommaient John P. Finkelmeier, vétéran de la Guerre de Sécession, comme représentant commercial à Tamatave, l’actuelle Toamasina. Cette nomination a conduit à la signature du premier traité entre les deux nations, portant sur la paix, l’amitié et le commerce. Quelques années plus tard, en 1874, Finkelmeier devenait le premier consul américain à Madagascar. « Les relations diplomatiques entre les États-Unis et Madagascar existent depuis plus de 160 ans. Elles sont plus anciennes que celles qui unissent de nombreux États dans le monde », a souligné la diplomate américaine devant les invités. Selon elle, la longévité de cette relation s’explique par des intérêts communs mais aussi par des valeurs partagées, notamment l’attachement à la liberté, à l’autodétermination des peuples et à la coopération économique.

De John Lewis Waller à Andy Razaf

L’un des moments forts du discours a été l’évocation de John Lewis Waller, nommé consul américain à Madagascar en 1891. Ancien esclave devenu avocat, homme politique et diplomate, Waller est présenté comme une figure marquante de l’histoire des relations entre les deux pays. Arrivé à Madagascar durant une période particulièrement troublée, il a manifesté son soutien aux aspirations du peuple malgache à décider de son propre avenir. Son engagement l’a conduit à rester dans la Grande Île au-delà de la durée de sa mission officielle. Son histoire personnelle s’est également mêlée à celle de Madagascar puisque sa fille a épousé un membre de la famille royale malgache.

Stephanie Arnold a rappelé que Waller fut plus tard emprisonné puis expulsé de Madagascar dans ce qui est resté connu sous le nom d’« affaire Waller ». Libéré grâce à l’intervention du président américain Grover Cleveland, il est demeuré une figure symbolique des liens historiques entre les deux nations. Cette histoire a également donné naissance à une personnalité culturelle célèbre. Son petit-fils, Andy Razaf, né aux États-Unis d’une mère issue de la royauté malgache, est devenu l’un des grands noms de l’âge d’or du jazz américain à Harlem.

Des valeurs présentées comme universelles

La célébration du « Freedom 250 » a aussi été l’occasion pour la représentante américaine de revenir sur les principes qui ont guidé la fondation des États-Unis. Citant la Déclaration d’indépendance de 1776, elle a insisté sur les notions d’égalité, de liberté et de droits fondamentaux. Selon elle, la particularité du modèle américain réside dans l’idée que les droits appartiennent à chaque individu du simple fait de son humanité et non parce qu’ils sont accordés par un dirigeant. Elle a également mis en avant l’évolution de la démocratie américaine à travers les amendements constitutionnels, l’élargissement progressif du droit de vote et le principe de la transition pacifique du pouvoir.

Pour Stephanie Arnold, ces valeurs dépassent le cadre américain et trouvent un écho dans l’histoire de Madagascar, qui a accédé à l’indépendance en 1960 en affirmant à son tour le droit du peuple à choisir son propre destin. Aujourd’hui, les États-Unis et Madagascar poursuivent leur coopération dans plusieurs domaines d’intérêt commun. Les autorités américaines affirment vouloir renforcer un partenariat fondé à la fois sur le commerce, la sécurité, le développement économique et les échanges entre les peuples.

La réception organisée à Antananarivo s’est achevée dans une ambiance mêlant animations culturelles, rencontres et échanges entre les différents invités. Pour l’Ambassade américaine, cette célébration ne marquait pas seulement les 250 ans de l’indépendance des États-Unis, mais également la continuité d’une relation diplomatique ancienne avec Madagascar.

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