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Médecine & Santé

"Agir dès maintenant": les efforts s'intensifient pour un vaccin contre Ebola Bundibugyo

01/06/2026 18:52 © Afp

Pour "agir dès maintenant" face à l'épidémie meurtrière d'Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, plusieurs organisations internationales annoncent lundi une intensification des efforts pour mettre rapidement au point un vaccin contre la souche rare Bundibugyo.

Avec près de 250 décès et plus de 1.100 cas recensés jusqu'ici, la nouvelle épidémie majeure de la maladie hémorragique a poussé les scientifiques et les organisations sanitaires internationales dans une course contre la montre pour trouver un vaccin pouvant être rapidement conçu, fabriqué puis testé lors d'essais cliniques dans la région d'Afrique touchée.

S'il s'agit de la 17e épidémie en RDC de ce virus tuant entre un tiers et la moitié des personnes infectées, c'est seulement la troisième causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement approuvés.

Le candidat-vaccin "le plus prometteur" est le rVSV Bundibugyo à dose unique, mis au point par l’International AIDS Vaccine Initiative (IAVI), a indiqué samedi l'Organisation mondiale de la santé. Sa plateforme de développement est la même que celle du vaccin Ervebo homologué contre la souche Zaïre d'Ebola, bien plus fréquente.

Lundi, l'organisation à but non lucratif IAVI a annoncé un accord avec la branche médicale de l'université du Texas pour développer ce candidat-vaccin.

Le virologue Thomas Geisbert, qui a piloté la mise au point d'Ervebo et la conception d'un vaccin similaire ciblant la souche actuelle, a déclaré en mai à l'AFP que des essais sur des singes en 2013 ont montré une protection efficace contre Bundibugyo.

Mais "le projet est resté au point mort" plus d'une décennie en raison d'un manque d'intérêt, notamment des groupes pharmaceutiques, a-t-il alors expliqué.

L'OMS a estimé qu'il faudrait probablement entre sept et neuf mois avant qu'un vaccin rVSV contre la souche Binduguyo soit prêt à être testé sur des humains dans un essai clinique.

"Accélérer"

Egalement lundi, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) a annoncé un financement pour "accélérer" le développement de trois candidats-vaccins contre Bundibugyo, dont celui à rVSV.

C'est "une avancée importante dans notre réponse collective", a salué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans un communiqué de la CEPI. "Vous n'êtes pas seuls", a-t-il assuré ce week-end aux habitants de la province de l'Ituri, lors d'un déplacement dans l'épicentre de l'épidémie en RDC.

Un autre candidat vaccin bénéficiant d'un financement est en cours de développement à l'université d'Oxfordqui a également travaillé sur le vaccin anti-Covid d'AstraZeneca.

Ce vaccin à vecteur viral ChAdOx1, que produira le plus grand fabricant mondial de vaccins, le Serum Institute en Inde, pourrait être disponible pour des essais cliniques d'ici deux-trois mois, selon l'OMS.

Le troisième candidat-vaccin à bénéficier d'un financement de la CEPI, développé par le géant pharmaceutique américain Moderna, utilise la technologie de l'ARN messager (ARNm), célèbre depuis la pandémie de Covid-19.

Dans un article prépublié en ligne la semaine dernière, des chercheurs de l'INSERM ont également suggéré une "évaluation urgente" de l'efficacité du vaccin homologué contre la souche Zaïre contre la rare Bundibugyo.

Lundi, l'Alliance du vaccin (Gavi) a aussi annoncé débloquer jusqu'à 50 millions de dollars (environ 43 millions d'euros ndlr) pour soutenir les efforts de vaccination contre Bundibugyo.

"Nous devons agir dès maintenant pour garantir que, dès qu'un ou plusieurs candidats-vaccins seront prêts, les fabricants puissent commencer à produire des doses à grande échelle", a souligné la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, dans un communiqué.

Une fois des doses disponibles pour un essai clinique, les administrer dans une vaste région déjà confrontée au paludisme, à la famine et à des combats entre groupes armés posera d’autres défis. Il sera aussi important de gagner la confiance des populations, a prévenu l'OMS.

Et un essai clinique ne garantit pas des résultats positifs. "Nous avons des raisons de croire que nous pouvons mettre au point des vaccins efficaces, mais nous ne voulons pas minimiser le caractère expérimental de ces produits", a exposé Richard Hatchett, directeur général de la CEPI, la semaine dernière.

Plusieurs initiatives visent également à tester rapidement des traitements contre la souche Bundibugyo, notamment les antiviraux remdesivir et obeldesivir, ainsi qu’un anticorps monoclonal appelé MBP134.

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