Santé publique : Le gouvernement sécurise l’achat des vaccins pour renforcer la protection des enfants
L’exécutif malgache, réuni en conseil des ministres ce mardi 28 avril 2026, a validé l’inscription budgétaire nécessaire à l’acquisition des vaccins de routine et de nouvelles doses pour l’exercice 2026. Cette décision qui intervient en pleine Semaine Africaine de la Vaccination, vise à redresser une couverture vaccinale encore fragile et à répondre aux exigences de cofinancement des partenaires internationaux comme l’Alliance Gavi.
Un engagement qui garantit la disponibilité des vaccins
En approuvant la communication verbale relative à la demande d'autorisation d'inscription budgétaire pour 2026, le gouvernement garantit la disponibilité des produits biologiques essentiels. Cette décision concerne à la fois les vaccins de routine, administrés régulièrement aux enfants et aux femmes enceintes, et l’introduction ou le renforcement de nouveaux vaccins essentiels. Dans le détail, les autorités prévoient l’acquisition de vaccins stratégiques comme le PCV-10 contre les infections à pneumocoques, le vaccin combiné DTC-HepB-Hib, le vaccin contre le rotavirus, celui contre la rougeole, ainsi que le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV). Du côté des vaccins de routine, le BCG, le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent et le vaccin Td restent au cœur du dispositif.
Cette annonce a suscité une réaction de satisfaction au sein de la communauté médicale. Le Dr Tsivahiny Paubert, directeur du Programme Élargi de Vaccination, a immédiatement salué cet effort gouvernemental sur les plateformes numériques : « Merci au Ministère de la Santé Publique et au Gouvernement. Pour les enfants malgaches et pour les femmes enceintes. ».
Des campagnes de proximité efficaces
L’urgence de cet investissement est confirmée par les données de l’enquête MICS 2024-2025 réalisée par l’INSTAT, avec le soutien des partenaires comme l’UNICEF. Les statistiques révèlent une réalité à deux visages pour la Grande Île. D’un côté, Madagascar progresse sur l’accès primaire : le taux d’enfants de 12 à 23 mois ayant reçu leurs vaccins de base est passé de 41 % en 2018 à 49,2 % en 2025. Parallèlement, la proportion d’enfants n’ayant jamais reçu la moindre injection a légèrement reculé, signe que les campagnes de proximité commencent à porter leurs fruits dans les zones les plus enclavées.
Cependant, un signal d'alarme retentit concernant la continuité des soins. Les experts observent un recul inquiétant de la couverture complète chez les enfants de 24 à 35 mois, qui a chuté de 32 % à 27 % sur la même période. Ce décrochage indique que de nombreuses familles abandonnent le calendrier vaccinal après les premières doses. De plus, les disparités entre les villes et les campagnes restent un défi majeur. Alors que près de 60 % des enfants urbains sont protégés, ce chiffre tombe à 47 % en milieu rural, soulignant la nécessité de renforcer la logistique du dernier kilomètre.
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Maintenir la souveraineté sanitaire
Le financement de la vaccination à Madagascar repose sur un équilibre délicat avec l’Alliance Gavi. Comme l’explique le Dr Eli Ramamonjisoa, coordinateur national du Global Health Advocacy Incubator (GHAI), le pays bénéficie actuellement d’un soutien massif où Gavi prend en charge 80 % des coûts. En contrepartie, Madagascar doit impérativement honorer sa quote-part de 20 %. Ce paiement n'est pas une option, mais une condition sine qua non. Si l'État malgache manque à cet engagement financier, les livraisons de vaccins pourraient être suspendues, créant une rupture de stock catastrophique pour le pays.
Cette part contributive nationale est appelée à augmenter progressivement au fil des années, suivant le mécanisme de désengagement graduel des donateurs. Pour les autorités malgaches, l’inscription budgétaire validée hier est donc un gage de sérieux face à la communauté internationale. L'enjeu dépasse la simple gestion comptable : il s'agit de maintenir la souveraineté sanitaire du pays tout en préparant l'introduction future d'autres antigènes, comme le vaccin contre le paludisme, dont l'impact sur la mortalité et la réussite scolaire serait immense.
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Le vaccin sauve des millions de vies
Face à ces défis, la société civile se mobilise. Le consortium formé par la plateforme HINA, le CCOC et le réseau de jeunes NOSYW, soutenu par le GHAI, mène un plaidoyer constant pour le financement des soins de santé primaires. Leur objectif est de faire en sorte que la vaccination ne dépende plus uniquement de l'aide extérieure, mais devienne une priorité souveraine et intouchable du budget national.
En cette période de célébration de la vaccination à l'échelle du continent, l'OMS rappelle que cet acte médical simple sauve des millions de vies chaque année. Pour Madagascar, l'approbation budgétaire de 2026 est un signal fort envoyé aux partenaires et à la population. Elle confirme que, malgré les contraintes économiques, la protection des générations futures reste le socle du développement national. La prochaine étape résidera dans l'exécution efficace de ce budget pour que chaque centre de santé, du littoral jusqu'aux hautes terres, dispose de doses suffisantes pour ne laisser aucun enfant sans protection.


