Pied bot à Madagascar : 90 % des cas corrigés grâce à la méthode Ponseti et à l’appui de Mercy Ships
Grâce à un partenariat durable entre Mercy Ships et les professionnels de santé malgaches, la prise en charge du pied bot connaît des avancées notables. En misant sur la formation médicale et la méthode Ponseti, environ 90 % des cas peuvent aujourd’hui être corrigés, offrant une nouvelle vie à de nombreux enfants.
Malformation congénitale handicapante
Selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé, citées par Mercy Ships, tous les ans, 992 enfants naissent avec des pieds bots à Madagascar. Le pied bot, une malformation congénitale caractérisée par une déformation du pied orienté vers l’intérieur et vers le bas, constitue un handicap majeur lorsqu’il n’est pas traité. À Madagascar, où les structures spécialisées restent limitées, de nombreux enfants risquent encore de grandir avec cette pathologie, entraînant des difficultés de mobilité et d’insertion sociale. Face à cette situation, la prise en charge précoce apparaît essentielle. Elle permet non seulement d’éviter des complications à long terme, mais aussi de redonner aux enfants une vie normale.
La méthode Ponseti s’impose aujourd’hui comme la référence internationale dans le traitement du pied bot. Elle repose sur une succession de plâtres correctifs, suivie d’une intervention chirurgicale légère et du port d’attelles. Des études scientifiques ont démontré son efficacité, avec un taux de réussite avoisinant les 90 %. Accessible et adaptée aux contextes à ressources limitées, cette approche a progressivement été introduite à Madagascar. Elle constitue une solution à la fois efficace et durable, permettant de réduire considérablement le recours à des chirurgies lourdes.
Renforcement des compétences des praticiens
L’un des piliers de l’intervention de Mercy Ships repose sur le renforcement des compétences locales. Depuis 2015, une clinique spécialisée dans la méthode Ponseti a été mise en place à l’hôpital d’Analakininina à Toamasina, avec pour objectif de former les praticiens malgaches. Aujourd’hui, ces professionnels assurent eux-mêmes la prise en charge des patients. Les programmes actuels se concentrent davantage sur le mentorat et le traitement des cas complexes, ainsi que sur la formation de nouveaux agents de santé.
Pour accompagner cette montée en compétence, des spécialistes internationaux interviennent ponctuellement. Des experts internationaux continuent d’appuyer cette dynamique. C’est le cas de Rachel Buckingham, chirurgienne orthopédique britannique, venue former ses homologues malgaches aux techniques opératoires spécifiques. « L’objectif est de renforcer l’enseignement et la formation au niveau local pour qu’un jour, Mercy Ships ne soit plus nécessaire », souligne-t-elle. Une vision qui s’inscrit dans une logique de développement durable des systèmes de santé.




