Rova Manjakamiadana : vers la démolition du Colisée ou "Kianja Masoandro"
Le gouvernement annonce la démolition prochaine du Colisée situé dans l’enceinte du Rova d’Antananarivo : un amphithéâtre en plein air de 700 m2, et en béton, de 400 places, dénommé «Kianja Masoandro». . Une décision présentée comme nécessaire pour préserver l’intégrité du site historique, mais qui suscite déjà des réactions contrastées.
Une décision officielle au nom du patrimoine
Le ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa, a confirmé que le Colisée construit dans l’enceinte du Rova d’Antananarivo sera démoli. Selon lui, une décision de justice autorise cette opération. L’infrastructure ne respecterait pas la valeur patrimoniale du site. Le ministre précise qu’aucun risque de glissement de terrain n’est à craindre, les fondations étant jugées solides. Il annonce également le retour à l’appellation Rovan’i Manjakamiadana, en remplacement de “Rovan’i Madagasikara”. La suppression d’éléments décoratifs, dont une statue de dinosaure installée à l’intérieur du Colisée, est aussi prévue.
En même temps, le ministère étudie, en concertation avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports, la possibilité de redonner au Stade Barea Mahamasina son ancienne appellation de Kianjan’i Mahamasina.
Restauration historique et interrogations financières
L’historien Hajanirina Rakotomalala estime que l’implantation du Colisée à la Haute-Ville fut une erreur initiale. Il souligne les contraintes structurelles du site, notamment en matière de circulation et de stationnement. Selon lui, le changement de nom du Rova a également constitué une décision symboliquement discutable. D’autres voix appellent cependant à la nuance. Certains rappellent que le Rova a toujours évolué au fil des ruptures historiques, notamment après la conversion de la reine Ranavalona II et la construction d’édifices religieux sur le site. Pour eux, le patrimoine est fait de strates successives et ne peut être figé dans une seule époque. La question financière alimente aussi le débat. Le Colisée a été financé par des fonds publics. Sa démolition représenterait une perte supplémentaire pour l’État. Certains suggèrent un démontage et un déplacement vers un site plus adapté, afin de préserver l’investissement tout en respectant la sensibilité historique du Rova. Le dossier reste sensible. Entre restauration symbolique et gestion pragmatique, le débat sur l’avenir du Colisée reflète une réflexion plus large sur la mémoire et l’identité nationale.




