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Guatemala: le journaliste anti-corruption Ruben Zamora libéré et assigné à résidence

13/02/2026 09:35 © Afp

Le journaliste guatémaltèque José Rubén Zamora, emprisonné depuis 2022 après avoir publié dans son journal des articles sur des affaires de corruption impliquant l'ancien président Alejandro Giammattei (2020-2024), a été libéré jeudi et assigné à résidence sans surveillance.

M. Zamora est sorti à pied de la prison Mariscal Zavala, située dans une caserne militaire de la périphérie nord de la capitale guatémaltèque, pour se rendre en camionnette à son domicile, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un peu plus tôt, il s'est félicité de cette décision de justice, estimant qu'il était "satisfaisant" qu'il existe encore des "juges objectifs".

M. Zamora, 69 ans, fondateur du défunt quotidien El Periodico, a passé quelques 1.290 jours en détention pour blanchiment d'argent présumé et falsification de documents, des accusations qu'il réfute, avec l'appui d'ONG, estimant qu'il s'agit d'un montage destiné à le réduire au silence en raison de ses reportages sur la corruption du précédent gouvernement de droite.

Un tribunal a condamné en juin 2023 le journaliste anticorruption à six ans de prison, mais la sentence a depuis été annulée et il doit être rejugé.

"Il lui est accordé l'assignation à résidence à son propre domicile, sans aucune surveillance", a déclaré le juge Maximino Morales, après avoir entendu les arguments de la défense et du ministère public lors d'une audience dans la capitale, a constaté l'AFP.

Le magistrat a fait valoir que M. Zamora a déjà purgé la peine correspondant au délit de falsification de documents, tel que le prévoit le Code de procédure pénale.

"J'ai passé plus de temps en prison que je n'aurais dû, j'ai subi des tortures, une répression psychologique, j'ai été une sorte de cadavre vivant. Mais je pense que cela en valait la peine", a encore déclaré Zamora aux journalistes après l'audience à laquelle il s'est présenté vêtu d'un costume noir.

M. Zamora a interdiction de quitter le pays.

Reporters sans frontières "appelle désormais à la libération définitive de ce journaliste emblématique", a déclaré à l'AFP Artur Romeu, directeur de l'organisation pour l'Amérique latine.

Son incarcération avait été condamnée par les Etats-Unis, l'ONU, Amnesty International et même par l'actuel président du Guatemala, Bernardo Arévalo, qui a qualifié d'"abus de pouvoir" les poursuites engagées contre le journaliste.

M. Zamora avait déjà bénéficié du régime d'assignation à résidence mais il avait été révoqué en mars 2025 à la demande du parquet. Il était alors retourné dans la prison d'une caserne militaire de la capitale où il se trouve depuis son arrestation.

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