Conservation marine : Nosy Hara mise sur la science pour préserver ses récifs et ses ressources
À Nosy Hara, la gestion du parc marin entre dans une nouvelle ère. Grâce à des données scientifiques inédites sur l’état des récifs coralliens, autorités, chercheurs et communautés locales disposent désormais d’outils concrets pour mieux comprendre l’écosystème et renforcer sa protection.
Un équilibre marin fragilisé
Le parc national de Nosy Hara, situé à 35 kilomètres au nord-ouest d’Antsiranana dans la région DIANA, constitue un pilier écologique et économique pour les populations riveraines. La mer y nourrit des familles entières, soutient la pêche artisanale et protège les côtes contre l’érosion. Mais ces dernières années, les pêcheurs ont observé des changements notables, notamment des prises moins régulières et une activité de pêche plus difficile, signes d’un équilibre marin fragilisé. Pendant longtemps, la gestion du parc marin s’est appuyée principalement sur l’expérience des pêcheurs et leurs observations en mer. Si ces témoignages restent précieux, ils ne suffisaient pas à dresser un état précis des récifs coralliens. En décembre 2025, une étape décisive a été franchie avec la réalisation d’une mission scientifique menée par le WWF Madagascar, Madagascar National Parks (MNP) et l’Institut Halieutique et des Sciences Marines (IHSM). Les équipes ont exploré plusieurs sites afin d’évaluer la santé des récifs.
Pour la première fois à Nosy Hara, les communautés locales, MNP et le WWF partagent une base commune de données sur l’état des récifs coralliens. Ces informations offrent une première lecture de la situation écologique du parc, encore partielle mais essentielle pour orienter les décisions futures. L’ambition est de comprendre avant d’agir, afin d’adapter les stratégies de conservation aux réalités du terrain.
Nosy Hara, un site majeur pour la biodiversité marine
Les observations révèlent une situation hétérogène. Certains récifs conservent une couverture de coraux vivants satisfaisante, tandis que d’autres montrent des signes de dégradation, notamment le blanchissement des coraux. Malgré ces signaux d’alerte, Nosy Hara demeure un site majeur pour la biodiversité marine, riche en espèces et crucial pour la conservation à l’échelle nationale. Parallèlement à l’apport scientifique, les communautés locales se sont fortement mobilisées pour participer à la gestion du parc. Des patrouilles communautaires ont été mises en place, des règles locales définies et des actions de sensibilisation menées dans les villages. Pour Madagascar National Parks, cette implication est un levier central pour assurer une conservation durable et renforcer la confiance dans l’avenir du parc.
Ces nouvelles informations permettent désormais d’identifier plus précisément les zones prioritaires et d’ajuster les actions de protection. Elles marquent le passage d’une gestion fondée sur le ressenti à une approche appuyée par des données fiables. Au-delà de la biodiversité, l’enjeu est aussi social : protéger les récifs, c’est préserver les ressources dont dépendent de nombreuses familles.
Accessible uniquement par mer et s’étendant sur plus de 125 000 hectares, Nosy Hara abrite des trésors naturels uniques, dont le Brookesia micra, le plus petit caméléon du monde, et d’importants sites de ponte pour les tortues marines. Avec le soutien du WWF Madagascar, le suivi des récifs coralliens s’inscrit désormais dans la durée, posant les bases d’une gestion plus durable et mieux informée de ce joyau naturel malgache.




