Commerce international : L’AGOA prolongé jusqu’au 31 décembre 2026
Le Président des États-Unis a signé, hier, 3 février, la loi budgétaire HR 7148, incluant la réactivation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) pour un an. Cet accord commercial stratégique, appliqué rétroactivement depuis le 30 septembre 2025, constitue un enjeu majeur pour Madagascar.
Une reconduction décisive pour Madagascar et l’Afrique
Selon les estimations, plus de 100 000 emplois et près de 700 millions de dollars de recettes en devises sont maintenus grâce à cette bonne nouvelle, pour la Grande Île. Cette décision met fin à plusieurs mois d'incertitudes pour les économies africaines dépendantes de cet accès préférentiel au marché américain. L’annonce a été confirmée par le représentant au Commerce de la Maison Blanche, Jamieson Greer, à la suite de la promulgation de la loi HR 7148 par le Président Donald Trump, dans un contexte de sortie de paralysie partielle de l’administration fédérale.
Pour Madagascar, cette reconduction représente un soulagement économique majeur. Le pays figure parmi les bénéficiaires clés de l’AGOA, notamment à travers les exportations textiles issues des zones franches. Ces produits continuent donc d’accéder aux marchés américains en franchise de douanes. Dans un contexte de fragilité économique et sociale, l’AGOA demeure un pilier essentiel de la stabilité du secteur exportateur malgache.
Un accord stratégique sous conditions et en mutation
Lancé en 2000 sous la présidence de Bill Clinton, l’AGOA permet à une trentaine de pays africains d’exporter vers les États-Unis sans droits de douane, à condition de respecter des critères liés à la gouvernance démocratique, aux droits humains et à la lutte contre la corruption. Il couvre un large éventail de produits, de l’habillement aux produits agricoles, en passant par certains biens manufacturés.
Toutefois, cette reconduction limitée à un an traduit aussi une évolution du positionnement américain. Alors que la Chambre des représentants avait initialement voté pour une prolongation de trois ans, le Sénat a réduit la durée à douze mois. L’administration Trump affiche clairement sa volonté de conditionner l’avenir de l’AGOA à une plus grande ouverture des marchés africains aux produits américains. « L’AGOA du XXIe siècle doit exiger davantage de nos partenaires commerciaux », a déclaré Jamieson Greer, évoquant une modernisation alignée sur la doctrine America First.
Dans ce contexte, le lobbying diplomatique se poursuit. L’Ambassade de Madagascar à Washington, en coordination avec le secteur privé malgache, reste mobilisée pour défendre une vision à long terme de l’AGOA, visant un partenariat économique durable, équilibré et mutuellement bénéfique entre Madagascar et les États-Unis.




