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Nationale

Sécurité alimentaire : 600 000 hectares ciblés par la deuxième phase de la lutte antiacridienne à Madagascar

18/01/2026 09:12 © Moov.Mg

La deuxième phase de la lutte antiacridienne à Madagascar a été officiellement lancée hier 17 janvier 2026 à Toliara. Portée par l’État malgache avec l’appui de la Banque mondiale et de la FAO, cette nouvelle étape vise à traiter 600 000 hectares supplémentaires par pulvérisation de pesticides afin de protéger les cultures, soutenir les paysans et renforcer la sécurité alimentaire nationale.

Protection des terres agricoles

Le choix de Toliara pour le lancement officiel de la deuxième phase de la lutte antiacridienne n’est pas anodin. Le Sud et le Sud-Ouest figurent parmi les zones les plus exposées aux invasions de criquets. Cette initiative s’inscrit pleinement dans les orientations de la Politique Générale de l’État, qui fait de la transformation du monde rural et de l’autosuffisance alimentaire des axes majeurs de la refondation en cours.

La première phase, menée au cours de la campagne agricole 2024-2025, a permis de limiter l’impact des infestations acridiennes. Au total, 42 000 hectares ont été traités par des interventions terrestres, tandis que 288 000 hectares ont été couverts par des opérations aériennes. Ces actions ont contribué à préserver les cultures et les pâturages, réduisant les risques de pertes agricoles dans les zones touchées. Pour la campagne 2025-2026, les autorités annoncent un déploiement à grande échelle. La pulvérisation de pesticides concernera 600 000 hectares supplémentaires, avec pour priorité la protection des terres agricoles des paysans. L’amélioration des rendements attendue à l’issue de ces opérations doit soutenir l’objectif national d’autosuffisance alimentaire, dans un contexte de pression accrue sur les ressources agricoles.

De l’urgence à la prévention durable

La lutte antiacridienne bénéficie d’un financement de 7,3 millions de dollars, assuré par la Banque mondiale, avec un accompagnement technique de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Ces ressources sont notamment destinées à la modernisation et à l’équipement du Centre national de lutte antiacridienne de Madagascar, ainsi qu’au renforcement des capacités de plus de 70 agents. L’enjeu est de disposer, à terme, d’un dispositif national performant, reposant sur des techniciens qualifiés.

Cette deuxième phase s’inscrit dans le programme quadriennal de réponse d’urgence à l’invasion acridienne pour la période 2024-2028, mis en œuvre conjointement par la FAO et le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, à travers le Centre national de lutte antiacridienne de Madagascar (IFVM). Après une phase d’urgence entre 2021 et 2023, durant laquelle environ 400 000 hectares avaient déjà été traités, l’objectif est désormais d’orienter les actions vers la prévention, jugée plus efficace et moins coûteuse à long terme. Lors du lancement, le Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, José Nirina Rasatarimanana, a insisté sur la portée stratégique de cette lutte, soulignant qu’elle dépasse le cadre technique. Selon lui, la maîtrise des invasions acridiennes constitue un levier essentiel pour protéger les ménages agricoles, stabiliser les productions et accompagner durablement le développement du monde rural à Madagascar.

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