Lutte contre le mpox : la région de Boeny montre des signes encourageants de recul, grâce à une riposte ciblée
La région de Boeny enregistre une diminution progressive des cas de mpox grâce à une intervention rapide des autorités sanitaires malgaches appuyées par les États-Unis. Recherche des contacts, vaccination ciblée et suivi des malades figurent parmi les stratégies qui ont permis d’obtenir les premiers résultats encourageants, selon le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC).
Maintenir les actions ciblées et la sensibilisation
Après plusieurs semaines de mobilisation sanitaire, les autorités commencent à observer une évolution positive dans la lutte contre le mpox à Madagascar. Dans la région de Boeny, considérée comme l’un des foyers de l’épidémie, les cas commencent à diminuer grâce à des actions menées rapidement sur le terrain. Ce constat a été présenté par le Dr Michael Kinzer, épidémiologiste médical du CDC américain, à l’issue d’une mission de quatre semaines effectuée auprès des équipes sanitaires malgaches. Le spécialiste a partagé les conclusions de son intervention le 8 mai 2026 devant le ministère de la Santé publique et plusieurs partenaires techniques et financiers engagés dans la riposte.
Selon lui, les efforts concentrés dans les zones les plus touchées ont permis de ralentir progressivement la propagation du virus. Il estime que Madagascar peut continuer à réduire les contaminations à condition de maintenir les actions ciblées et la sensibilisation de la population.
Casser les chaînes de transmission
Depuis le début de l’épidémie, les États-Unis accompagnent Madagascar dans la gestion de cette crise sanitaire. À travers le CDC, des experts travaillent quotidiennement avec le COUSP (Centre d'Opérations d'Urgence de Santé Publique), afin de renforcer la surveillance et l’organisation de la réponse sanitaire. Le partenariat repose à la fois sur un soutien technique et financier. Des formations ont notamment été organisées pour les agents de santé dans les districts concernés. Ces formations portent sur l’identification rapide des cas, la recherche des personnes ayant été en contact avec les malades, la vaccination préventive et la collecte des données sanitaires. Pour les responsables de la riposte, le renforcement de ces capacités permettra non seulement de mieux contrôler le mpox, mais aussi de préparer le pays à d’éventuelles futures épidémies.
Parmi les stratégies mises en œuvre, la recherche des cas contacts occupe une place centrale. Cette méthode consiste à identifier rapidement les personnes ayant été en contact avec un malade confirmé afin d’éviter la poursuite de la transmission. D’après le Dr Michael Kinzer, les équipes sanitaires suivent les proches du patient ainsi que les personnes avec lesquelles il a eu des interactions. Les individus exposés peuvent ensuite être vaccinés ou placés sous surveillance médicale. Si des symptômes apparaissent, les malades sont rapidement isolés pour limiter les risques de contamination dans les foyers et les communautés. Cette approche permet de casser les chaînes de transmission avant que l’épidémie ne s’étende davantage. Le spécialiste américain rappelle que le mpox se transmet principalement par contact étroit entre personnes, notamment au sein des ménages.
Nécessité d’informer la population
Au-delà des soins médicaux, les autorités sanitaires insistent également sur la nécessité d’informer la population. Les responsables de la lutte contre le mpox estiment qu’une meilleure compréhension de la maladie peut aider les citoyens à adopter les gestes de prévention adaptés. Le Dr Michael Kinzer souligne que la communication reste essentielle pour rassurer la population et encourager les personnes présentant des symptômes à se signaler rapidement auprès des centres de santé.
Même si les résultats enregistrés à Boeny sont jugés encourageants, les autorités appellent à la vigilance. Elles craignent qu’un relâchement des mesures sanitaires puisse favoriser une reprise de la circulation du virus dans d’autres régions du pays. La baisse actuelle des cas dans cette région montre toutefois qu’une réponse rapide, coordonnée et ciblée peut produire des effets concrets dans la lutte contre le mpox à Madagascar.




