Après Gezani : plus de 4 800 familles soutenues par ACF, à Fanandrana, pour reconstruire leurs maisons
Frappée de plein fouet par le cyclone Gezani le 10 février dernier, la commune de Fanandrana, dans le district de Toamasina II, porte encore les stigmates d’une catastrophe d’une rare violence. Maisons détruites, cultures anéanties, familles déplacées : face à l’ampleur des dégâts, Action contre la Faim et ses partenaires humanitaires ont engagé une vaste opération d’urgence pour accompagner la reconstruction des habitations et soutenir les ménages sinistrés.
Intervention d’urgence des humanitaires
Dans la région Atsinanana, le passage du cyclone Gezani a profondément bouleversé le quotidien des populations rurales. Avec des rafales dépassant les 250 km/h, le phénomène climatique a provoqué d’importants dégâts dans plusieurs communes du district de Toamasina II. Parmi les zones les plus touchées figure Fanandrana, une commune située à une trentaine de kilomètres de Toamasina. Dans cette localité essentiellement agricole, les habitants vivent principalement de la culture du riz, du girofle, du café et de la vanille. Les maisons traditionnelles, construites en bois et en feuilles de ravinala, n’ont pas résisté à la violence des vents et des pluies torrentielles. Les crues soudaines ont également ravagé les rizières, emporté le bétail et détruit les petites activités économiques installées le long de la RN2.
Après le cyclone, de nombreuses familles se sont retrouvées sans toit, sans réserves alimentaires et sans moyens de subsistance. Dans cette région déjà confrontée à une forte vulnérabilité nutritionnelle, la catastrophe fait craindre une aggravation rapide des cas de malnutrition aiguë dans les prochains mois. Face à cette situation, Action contre la Faim (ACF) a rapidement déployé une intervention d’urgence dans la commune de Fanandrana. L’organisation humanitaire a concentré ses premières actions sur l’aide à l’hébergement des ménages ayant perdu leur maison.
Assistance matérielle et distributions monétaires
Dès les premiers jours après le passage du cyclone, 540 kits abris ont été distribués aux familles les plus touchées. Ces kits comprennent notamment des bâches, des clous, des cordes et des marteaux destinés à permettre la mise en place d’abris provisoires. Aujourd’hui encore, en traversant la commune, les bâches bleues installées au milieu des décombres témoignent de l’ampleur des destructions. Beaucoup de ménages vivent sous des structures de fortune construites à partir des matériaux récupérés de leurs anciennes habitations. La reconstruction reste compliquée pour les habitants. Les matériaux de construction deviennent rares dans plusieurs villages, tandis que les prix connaissent une hausse importante. Les arbres du voyageur, utilisés traditionnellement pour les toitures et les murs des maisons, ont été massivement déracinés par le cyclone, réduisant les possibilités de reconstruction rapide.
En complément de l’assistance matérielle, Action contre la Faim a également lancé des distributions monétaires afin d’aider les familles à reconstruire progressivement leurs habitations. Chaque ménage bénéficiaire reçoit une aide de 350 000 ariary destinée à l’achat de matériaux essentiels. Pour de nombreux sinistrés, cette assistance constitue un soutien indispensable dans un contexte où les ressources économiques ont été durement affectées par la catastrophe.
Insécurité alimentaire et précarité
Selon les chiffres communiqués par l’organisation, au 14 mars 2026, près de 4 846 ménages avaient déjà bénéficié de cette aide financière sur les 7 000 foyers que compte la commune de Fanandrana. Au-delà des actions menées par Action contre la Faim, plusieurs organisations humanitaires se sont mobilisées pour renforcer la réponse dans les dix fokontany de la commune. Un consortium réunissant Humanité & Inclusion, ASOS, Médecins du Monde et ACF intervient actuellement dans plusieurs secteurs prioritaires. Les opérations concernent notamment le rétablissement de l’accès à l’eau potable, le renforcement des services de santé, l’accompagnement psychosocial ainsi que l’appui aux populations les plus vulnérables.
Pour Grégoire Brou, directeur pays d’Action contre la Faim à Madagascar, cette coordination vise à apporter une réponse rapide et complémentaire face aux besoins urgents des habitants de Fanandrana. Malgré cette mobilisation, les défis restent nombreux. Dans cette partie de l’Est de Madagascar, les acteurs humanitaires redoutent que les conséquences du cyclone ne fragilisent davantage les conditions de vie des populations déjà exposées à l’insécurité alimentaire et à la précarité.




